shutterstock_146971178

J’ai été suicidaire, je suis maintenant Bonheur!

Depuis maintenant deux semaines, je peine à trouver l’inspiration. Me présentant chaque jour devant l’ordinateur, mes doigts peu convaincants placés sur les touches, je ne termine jamais mes textes. Je les laisse là, moisir du manque de volonté. Nageant dans une eau boueuse, je m’enfonce profondément au lieu de m’élever vers mon appel. Les réponses sont là. Pourtant, mon esprit refuse d’écrire ce qu’il entend et préfère s’entêter à ignorer ma sincérité.

À ce stade-ci, il est évident que je me plais à croire que je n’ai pas d’inspiration. Je me mens. Ne sommes-nous pas d’excellents menteurs lorsqu’on refuse de voir la vérité? Parfois, la peur nous écrase et nous empêche d’évoluer vers notre authenticité.

Au fond de moi, je sais très bien ce que je dois écrire. « Ça » hurle, « ça » se bat contre mon entêtement, « ça » veut sortir et gicler hors de mon corps l’écran vide qui m’effraie. Dis-le! Allez, tu peux le faire! C’est le temps. Les mots qui veulent s’exprimer me rendront vulnérable. Suis-je prête? Je ne le sais pas. Je sais que cet article est tabou et que je ne le partagerai pas sur mon site. Je ne le ferai pas de peur que mes proches le lisent. Il faudrait alors confronter les gens, admettre mon passé, en discuter… Alors, je commence par vous. Je crois que cette décision est loin d’être la meilleure, mais c’est la meilleure pour moi en ce moment.

Me voici, complètement nue

Environ vingt-cinq ans se sont écoulés depuis que ces événements ordinaires ont fait de moi une personne extraordinaire. Oui, je suis bien EXTRAORDINAIRE. Je n’ai pas honte de le dire. Nous le sommes tous d’ailleurs. J’étais également extraordinaire les nuits où je tenais une lame de rasoir entre mes doigts tremblotants. Mais, je l’ignorais. J’étais ignorante. Une sacrée belle ignorance. L’ignorance de la vie. Ne sommes-nous pas tous de magnifiques ignorants? J’aime le croire et m’éduquer.

Le suicide c’est un peu ça. C’est ignorer que cette vie houleuse est, en vérité, le tremplin vers le bonheur. C’est la révolte de l’esprit contre notre souffrance. C’est le bateau naviguant dans une mer agitée qui n’arrive plus à voir le rivage.

Pour ceux qui souffrent profondément, du moins pour moi, l’abandon est parfois la réponse. La prochaine vague est trop grosse. Le rivage inaccessible. Aucun bateau de secours à l’horizon. Qu’une tempête interminable. Inutile de chercher à garder la tête hors de l’eau, puisqu’il faudra un jour ou l’autre faire face à la noyade. Pourquoi faire durer la souffrance? Pourquoi espérer quand il n’y a plus d’espoir?

Et, même si le rivage est visible de là où l’on se trouve, la tempête n’a pas cessé. On sait bien que nager vers la sécurité demeure périlleux. Les vagues continueront de nous avaler les une après les autres. Nos poumons chercheront l’air, suffoqueront et chaque fois nous nous rapprocherons de l’abysse. La douleur nous attend. Les chances de parvenir à s’en sortir sont si minces qu’il vaut mieux abandonner maintenant que de se faire souffrir plus longtemps.

Pourquoi se battre, la vie ne devrait-elle pas être facile? Pourquoi se battre? C’est absurde! Cette violence qu’on s’inflige quotidiennement finit par peser sur notre être entier. J’étais fatiguée. Épuisée. Je ne voulais plus convaincre personne, je voulais la paix.

Le jour où l’on choisit de dire adieu à cette vie, c’est le jour où l’esprit décide que le parcours est infranchissable. J’écris ces lignes et je souris. C’est fou… l’esprit se crée – je répète le mot : se crée — une histoire. Une histoire si réelle que l’âme devient complètement obnubilée par elle. On se retrouve coincé dans un vortex de sensations, d’émotions et de douleurs si intenses qu’il devient quasi impossible d’observer autre chose.

Étrangement, dans mon monde détruit par la guerre, je n’ai jamais cru un instant que je ne méritais pas la vie. Au contraire, ce mal enraciné en moi évoquait clairement mon besoin de me faire aimer telle que j’étais, POINT. Rien à voir avec la vie elle-même. Je savais qu’il fallait m’aimer. Je savais que je méritais l’amour inconditionnel. Mais, trop de souffrances m’entouraient et, visiblement, mon cerveau avait choisi un vocabulaire différent. Bien qu’au plus profond de moi je savais que je valais quelque chose, je suis devenu un petit rien.

C’est à cet instant que ma tête choisit de mourir. Le cœur se révolte contre la tête. Je suis et je ne suis pas. La vérité et la réalité. Pourquoi la vie me traite-t-elle aussi sauvagement? Mon cœur savait que je méritais cet amour, mais la vie ne me le rendait pas. Alors, ce fut la révolte : par la douleur, la souffrance, la déchéance… pour finir avec l’abandon.

Je suis toujours là!

Je n’ai jamais mis un terme à ma vie comme vous le constatez. Je suis là et je suis plus qu’heureuse d’être ici. Pourquoi n’ai-je jamais commis l’irréparable? Parce que chaque fois que je m’assoyais dans la baignoire, ma lame de rasoir couchée sur l’émaille et mes quelques lettres d’adieu bien placées en évidence, je n’avais qu’une image en tête : l’horreur qu’allaient vivre mes proches. Retrouver mon corps ensanglanté et inerte était une chose que je ne voulais pas faire vivre aux autres. C’est ce qui m’a sauvé. Savoir qu’ils auraient vécu le reste de leur vie avec ces images et cette souffrance monstrueuse; non. J’en étais incapable.

Je ne compte plus les fois où j’ai voulu en terminer et où tout avait été organisé. J’attendais d’être seule (afin qu’ils leur soient impossibles de me sauver). Je ne l’ai jamais fait. Vint un jour où j’ai dû me rendre à l’évidence : je ne le ferai pas.

Toutefois, je n’allais pas mieux. Pour geler mon malheur, j’ai bu et je me suis droguée. Quand la boisson et la drogue ne furent d’aucune utilité, j’ai donné mon corps à tous ceux qui le voulaient bien. Me suis-je « trouvé » dans les bras de ces parfaits inconnus? Bien sûr que non. Lorsque je fus suffisamment écœuré par mon comportement, j’ai abandonné tout ce que je connaissais. J’avais honte. Parfois, j’ai encore honte. Parce que, croyez-le ou non, mes agissements allaient à l’encontre de ce que je voulais. Je cherchais aux mauvais endroits LA chose qui allait me sortir de ma torpeur. Je cherchais le foutu bonheur. Vinrent ensuite la solitude et la dépression. J’ai vidé mon carnet de téléphone et j’ai fermé la porte à mon entourage et mes connaissances.

Et, c’est là, au fond du baril, sans aucune porte de sorite devant moi que j’ai commencé à penser différemment. Je ne voulais plus me suicider, je ne voulais plus boire, je ne voulais plus me droguer, je ne voulais plus donner mon corps et je ne voulais plus être dépressive. Que me restait-il? M’en sortir. Pour m’en sortir, il me fallait de l’aide, car visiblement, il me fallait creuser profondément en moi pour trouver la réponse. Moi qui, auparavant, cherchais à l’extérieur, je devais me résoudre à comprendre que tout était déjà en moi. Mais comment faire lorsque toute notre vie fut dédiée aux apparences?

La vie, c’est un long apprentissage, et c’est normal!

Que pourrais-je bien vous dire à ce sujet? Que c’est un processus. Un freaking long processus d’essais et d’erreurs. Un pas en avant, un pas en arrière. Deux en avant, un en arrière. Ce sont des milliers d’heures de lecture. Des milliers d’heures à ressasser le passé et à tenter de comprendre. À expérimenter pour trouver le bonheur. À chercher le bonheur partout sauf au bon endroit. Pourtant, je vous jure que ce parcours est magnifique, même s’il est imparfait. Il n’y a rien à mes yeux de plus motivants et de plus enivrant que de travailler sur soi.

Je suis fière de tous mes échecs. Je suis fière de n’avoir rien compris durant toutes ces années. Je suis fière d’avoir cherché aux mauvais endroits. Je suis fière de tout ce que j’ai tenté d’accomplir. Sans regret. Car, ce sont toutes mes difficultés qui m’ont fait comprendre où trouver, où chercher, où m’alimenter…

J’aurais 41 ans en mars. Quarante et un ans! YES! Trente de ces quarante et une années furent un cheminement complexe miné d’incompréhensions, de révoltes et de dépressions. Les autres années et celles à venir ont été et seront la découverte et l’émancipation de ma beauté innée. Moi. Ma vie intérieure. Mon bonheur. L’acceptation. L’amour. La découverte.

Je ne peux vous exprimer la joie que je ressens tous les jours. J’aime ma force. Mon dévouement personnel. Mon entêtement à la vie. Mon bonheur intérieur est mon seul et unique objectif. Les gens qui ne désirent pas mon bonheur ne m’atteignent plus, car je la vois leur douleur. Je comprends qu’ils ont mal. Je ressens leur chagrin et je compatis. Je ne peux que leur souhaiter de vivre ce véritable amour qu’est la connaissance de la vie intérieure.

Flirter avec le suicide fut la plus belle opportunité de ma vie. Il m’a donné une chance incroyable de voir que je devais changer mes pensées. J’oserais même dire que c’est à cause de lui que je réussis tous les jours à vivre une vie saine avec mon bonheur. Non pas qu’il est impossible de le connaître autrement, ne vous m’éprenez pas. Mais nous avons chacun de nous une façon de comprendre la vie et la mienne s’est s’exprimer ainsi. J’ai dû me rendre là où j’ai été pour avancer et exprimer aux yeux du monde que J’ÉTAIS une personne extraordinaire. Toi qui en doutes, tu ES aussi extraordinaire.

Je vous aime sincèrement…

Voilà, sans prétention, pour vous un guide de 48 fiches créé pour révolutionner votre vie comme j’ai révolutionné la mienne!

promo carrée - le semainier 2017

Cet article vous a-t-il été utile ? Partagez-le avec vos amis!

Vous étes invités à reproduire cet article en incluant le nom de l'auteur, un lien vers la source original
et la mention :" Article trouvé sur Les Mots Positifs.com".