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Le syndrome de la « grande gueule »

Pour bien débuter cet article, je vais vous parler des 3 catégories dans lesquelles on peut classer chacun d’entre nous. Nous sommes bien d’accord que cela ne suffit pas à définir la personnalité complexe d’une personne, ni à savoir pourquoi elle agit ainsi. Mais cela n’est pas le sujet de cet article…

Catégorie 1 : les « Bons Copains »

Ce sont les personnes bien dans leur peau, à l’aise avec les autres et avec qui elles sont, qui réfléchissent avant de parler et qui savent reconnaître quand elles ne savent pas ou quand elles ont tort

Catégorie 2 : les « Grandes Gueules »

Ceux qui savent tout, et surtout mieux que tout le monde. Ils ne doutent jamais (en tout cas pas en public), et n’hésitent pas à partager leur point de vue, que vous le souhaitiez ou non. Ben oui, comme ils savent, ils vous expliquent.

Catégorie 3 : les « Lapins »

Ceux qui savent, mais qui n’osent pas le dire. Et qui restent bouche bée devant une Grande Gueule qui énonce une contre vérité flagrante sans sourciller. Même quand il n’y a pas d’opposition ils ont du mal à s’affirmer.

Les « Lapins », ou la difficulté à s’affirmer

Si vous êtes honnêtes avec vous-même, il doit bien y avoir une catégorie qui vous ressemble plus que les autres. Si, si… regardez bien. Personne n’est là pour vous juger, alors choisissez honnêtement la catégorie qui vous correspond.

Pour ma part, je suis un « Lapin » qui espère devenir un « Bon Copain ». Oui, oui, c’est possible. Bon par contre devenir une « Grande Gueule », pour autant que j’en ai envie, ça ressemblerait plutôt à un dédoublement de personnalité…

Donc la suite de cet article s’adresse plus particulièrement aux « Lapins », car c’est un sujet que je connais bien, mais dans leur contact avec les autres, et en particulier les « Grandes Gueules ». Mais tous ceux qui le souhaitent peuvent poursuivre leur lecture, ne serait-ce que par curiosité.

Un « Lapin », qu’est-ce que c’est ?

Un « Lapin », c’est quelqu’un qui doute en permanence. Il a étudié, il s’est renseigné et formé. Donc quand il dit quelque chose, il a vérifié ses sources et leur validité, ou alors il s’excuse par avance de la possible déformation de son propos.

Il est d’ailleurs parfois pénible, avec ses hésitations, et sa manière de se taire dès que quelqu’un le contredit, que ce soit un « Bon Copain » ou encore pire, une « Grande Gueule ». Et oui, un lapin a du mal à donner son avis, même quand on le lui demande, alors si on ne le fait pas…

Le syndrome de la « Grande Gueule » chez le « Lapin »

Le syndrome de la « Grande Gueule » s’apparente à un lapin pris dans les phares d’une voiture.

Il est scié. Bloqué. En perte complète de ses moyens. Plus rien n’existe que cette « Grande Gueule », et l’énormité de ce qu’elle vient de dire. Et plus la bêtise est grosse, et plus le « Lapin » est bloqué.

Car sur une petite erreur, son esprit va cogiter, reprendre tous les exemples qu’il a, toutes les connaissances, pour trouver la faille, et analyser s’il a raison ou pas.

Mais sur une grosse erreur, la boulette énorme, là même lui ne peut pas douter. Donc il SAIT. Il sait, sans aucun doute, que ce qui vient d’être dit, avec tant d’assurance, est faux.

Et là, le black out total. Le vide.

Car pour lui c’est impensable. Affirmer haut et fort son avis, c’est déjà du domaine de l’utopie. Mais il sait que les Bons Copains le font, et comme il espère y arriver un jour, il l’accepte, et ça fait partie de son environnement.

Mais affirmer haut et fort son avis sans prendre la peine de s’inquiéter de sa véracité, alors là on nage en pleine science fiction. Et pour lui c’est impensable.

Donc en général le « Lapin » ne dit rien. Il espère, sans trop y croire, que quelqu’un d’autre rectifie. Mais au fond de lui, il sait que même si quelqu’un le faisait, ça ne changerait rien. Car la « Grande Gueule » est tenace. Et une idée bien ancrée est enracinée. Qu’elle soit vraie ou fausse. Car ce qui compte pour les « Grandes Gueules », c’est de savoir et de le dire. De préférence haut et fort, pour éviter la discussion et les contradictions. Car rappelez vous, lui il sait.

« Amis Lapins », croyez en vous !

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, rester bouche bée face à une énormité de « Grande Gueule », c’est un truc qui peut me pourrir la vie pendant quelques heures voire quelques jours au minimum….

Car je n’ai rien dit ! L’auto flagellation est indigeste. Je m’en veux et je rumine. Et plus je rumine plus je m’en veux. Ça m’empêche de dormir, ça tourne en rond dans ma tête, et ça peut même me créer des appréhensions de la prochaine rencontre avec une « Grande Gueule ».

Alors aujourd’hui je décide de prendre les choses en main. Je décide de ne pas me rendre malade parce que je n’ai pas agi. Je sais que ce ne sera pas facile, mais personne n’a su faire du vélo avant d’avoir essayer.

Alors dorénavant, je m’autorise à donner mon avis. Après tout peut m’importe que la « Grande Gueule » change d’avis. Ça, c’est son chemin à elle. Moi ce qui m’importe, c’est de faire savoir que je (ne) suis (pas) d’accord. Ce qui est important, c’est de bouger dans les phares, et de ne pas attendre que la voiture se rapproche.

Peut être que la première fois, je ne m’écarterai pas assez, et que mes arguments ne seront pas très clairs. Et alors ? Je ruminerai un peu moins, parce que j’aurai essayé.

Je pourrai d’ailleurs me féliciter de cet essai. D’avoir osé changer les choses. Et de savoir que je peux le faire. Parce que finalement, la lutte que je mène pour exister, pour oser être moi, ce n’est pas tellement CONTRE les « Grandes Gueules » ou les autres. C’est avant tout POUR moi.

Sandrine

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