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Souffler sur la chandelle

J’aurais aimé que ce soit toi. Tu aurais aimé que ce soit moi. Pourtant, dès le premier regard nous savions que ce ne serait pas le cas. Nous le savions, mais nous avons tout de même choisi de partager un bout de chemin ensemble en se faisant accroire qu’avec le temps on finirait peut-être par marcher vers le même horizon. Nous avions des blessures semblables à guérir et des prises de conscience à déclencher l’un chez l’autre. Et ça, mon amour, ça dure un temps; le temps qu’il faut pour arriver au train qui doit nous mener à notre prochaine destination. Et rendu à ce fameux train, il nous faudra accepter l’évidence, celle que nous avons toujours su, que nous n’étions qu’une relation transit.

Tel deux âmes soeurs qui se croisent dans un grand salut spirituel, nous nous sommes arrêtés l’un pour l’autre, malgré tout l’inconfort, le fossé et les défis que cela comportait. Nous avons marché ensemble, main dans la main, par souffrance, par désespoir et pour ce besoin réciproque de réconfort et c’est ok. Nous souffrions et nous avions besoin de nous reposer dans les bras d’un autre être humain.

Nous nous sommes retrouvés dans ce besoin insatiable d’amour, mais aussi et surtout dans cet espoir tenace que les choses finissent par déboucher autrement parce que nous avons cette belle manie nous les humains de croire que nous pouvons forcer les choses afin d’obtenir ce que l’on souhaite ici et maintenant en projettant sur le premier être humain, gentil, ouvert et disponible, la réalité que nous aimerions vivre. Mais l’Amour n’est pas un choix qu’on calcule et choisit stratégiquement. L’Amour est une évidence qui nous choisit, sans prévenir, bien malgré nous ou à notre plus grand bonheur, c’est selon.

Allumer un feu pour lequel nous devrons déployer beaucoup d’efforts pour le maintenir vivant, jour après jour, c’est savoir pertinemment que dès les premiers symptômes d’essoufflement nous serons contraints de le regarder s’éteindre sous nos yeux.

Raviver avec acharnement un feu qui doit s’éteindre, c’est croire que nous pouvons déjouer la Vie dans l’espoir de nous réchauffer le coeur. Mais ce qui est ironique, c’est qu’on perd tellement de notre chaleur humaine à tenter de maintenir en vie artificiellement une flamme qui doit mourir. On devient froid. On devient aigri, triste et l’hypothermie du coeur nous prend. La flamme s’est éteinte, mais on ne l’accepte pas. Alors, on la rallume encore et encore. On se brûle les doigts, les mains, les lèvres, puis on recommence, mais il fait toujours aussi froid. La flamme vacille. Elle va et vient. Mais on se fait toujours de belles promesses qui dépassent largement cette flamme.  » Je te promet, cette fois c’est la bonne. On ne s’éteindra plus.  » Et un beau matin, on se réveille le coeur glacé parce que la flamme nous a quitté durant la nuit, tout doucement, naturellement.

Gonflés de désespoir déguisé en espoir, nous la rallumerons de nouveau en faisant comme si ce n’était pas la centième fois. Nous nous rappelerons le chemin parcouru et tout celui que nous nous étions promis de parcourir. Puis, nous nous engagerons à veiller sur la flamme à tour de rôle, sans repos et sans trève. Nous ferons taire le doute et parlerons moins fort de peur qu’elle ne vacille. Nous ne la regarderons pas de trop près pour ne pas que nos paupières lourdes de peine ne l’éteignent. Nous travaillerons à la sueur de notre front pour maintenir cette toute petite flamme vivante et cela nous tuera à petit feu.

Nous aurons mal partout. Nous serons fatigués. Nous tremblerons jusque dans l’âme. Puis, un jour, alors que nous tiendrons notre toute petite braise entre nos mains enlacées nous constaterons enfin qu’elle ne nous éblouit plus et qu’elle ne fait que vouloir s’éteindre.

Nous nous rendrons compte du respect dont nous nous sommes manqué en refusant le grand plan de la Vie. Nous comprendrons alors que cette flamme ne nous appartient pas et qu’elle n’est qu’un doux flambeau que la Vie nous prête le temps qu’on traverse ensemble notre pays des merveilles et nos démons. Parfois, le chemin commun à parcourir est court et parfois il s’étire jusqu’à toujours, mais ce choix revient à la petite flamme qui brûle entre nous et pas à notre désir de la maintenir artificiellement en vie de peur qu’aucune autre flamme ne nous réchauffe jamais.

Se dire je t’aime, c’est aussi accepter qu’inévitablement il y aura un moment où il nous faudra souffler sur notre chandelle et poursuivre notre chemin jusqu’à la prochaine flamme croisée sur notre route pour nous réchauffer, nous guérir et nous faire avancer un peu plus loin.

Et pour honorer notre chemin il nous faudra accepter ces moments où nous marcherons seul et les vivre pleinement sans craindre nos moments plus sombres et froids, car il y aura toujours une flamme en nous pour nous éclairer. Et aucune autre flamme que la nôtre ne pourra autant nous réchauffer, nous éclairer et nous guérir.

Tout ce qu’on cherche est en nous.
Notre chemin mène à nous.
Toutes ces petites flammes ne sont que pour nous apprendre à mieux aimer, reconnaître et raviver la nôtre.

La Vie est un échange de lumière, et cette lumière c’est l’amour inconditionnel que porte notre âme et que nous devrons expérimenter de mille et une façon au cours de notre vie pour transcender la souffrance humaine.

Souffler sur la chandelle, c’est savoir que la Vie donne généreusement et que ce qui nous est repris est parfaitement orchestré. Tout est une question d’équilibre. Il faut laisser l’énergie et l’amour circuler. Il faut lâcher prise et souffler sur la chandelle, par respect pour soi, pour l’Univers et pour celui avec qui on a marché sur le grand chemin de la Vie. Chaque flamme qui s’éteint est une mission accomplie, une page qui se tourne, un échelon de gravit. Chaque flamme qui s’éteint est une bénédiction, un salut et un grand merci silencieux d’une âme qui s’élève.

Mymy

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Publié par Mademoiselle Mymy

Myriam Provost Gariépy est une jeune écrivaine québécoise passionnée par la croissance personnelle. En 2016, elle a publié son premier recueil de textes inspirants Mon Carnet Antinaufrage, comment garder le cap sur mon bonheur. Mymy est une AMBASSADRICE D’ESPOIR qui cherche à inspirer et à apaiser les coeurs par la puissance des mots. Issue du milieu de l’éducation, elle a acquis non seulement une grande maturité émotionnelle, mais un don pour l’empathie et l’enseignement. Mymy se distingue comme spécialiste des mots du coeur, car elle a cette capacité à mettre en mots les émotions avec une justesse désarmante. Elle vous interpellera à tout coup avec ses écrits touchants, songés et criants de vérité dont la finesse ne saurait vous laisser indifférents. Qu’importe le mandat, elle écrit avec un style universel et opte pour des angles uniques qui font réagir! Les critiques sont unanimes à chaque fois qu’elle publie: une vague d’amour déferle sur sa page pour la remercier de si bien cerner les grandes vérités universelles qui nous lient.

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