L’ange-gardien du samouraï

Ange-Gardien_Samourai

La position de la karatéka est inconfortable, mais elle tient bon et c’est la plus sécuritaire pour l’instant. Tout est en place, mais ne jamais sous-estimer l’adversaire est l’une des premières règles apprises au cours de son cheminement martial. On ne sait jamais vraiment à qui l’on a affaire. Une ombre… Maintenant, Catherine comprend ce qu’Olivier a ressenti dans le bureau de Claude il y a plusieurs semaines. Même si elle sait ce qui est en train de se produire, son corps réagit à la menace. Son pouls est rapide, ses poumons réclament plus d’oxygène et une sueur froide perle sur son front. La traque est commencée et elle est la proie. Sans faire de bruit, elle introduit le dossier jaune, le vrai, derrière le meuble, au cas où. Et elle patiente toujours. Un souvenir d’entraînement lui traverse l’esprit. Il lui semble entendre son ancien instructeur de karaté lui rappeler l’importance de la détente, car la rigidité ralentit les mouvements et la contraction musculaire épuise le corps durant un combat. Elle ne peut s’empêcher de se dire que ce principe s’applique dans la vie de tous les jours aussi… bien qu’en ce moment, on soit loin du quotidien!

L’ombre passe une seconde fois. L’intrus doit faire le tour des lieux pour s’assurer qu’il n’y a personne… pourtant, logiquement, avec les fenêtres, il a bien dû voir qu’elle était dans la salle à son arrivée. Comprend-t-il qu’elle est cachée? Pense-t-il qu’elle a quitté? Qu’est-ce qu’il manigance? L’attente lui parait interminable. Mais elle doit rester en place, elle en est consciente. Et elle sait aussi que le stress pousse son esprit à tout analyser au lieu de ressentir. Même après des années d’entraînement, la rationalisation des émotions et le mode analytique en situation d’inconfort demeurent des mécanismes de défense primaires. Elle accueille ce réflexe bien connu, sourit à elle-même puis écoute…


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