Bill Gates - La prochaine épidémie ? Nous ne sommes pas prêts.

Citation Bill Gates : Une prédiction datant de 2015 sur la présente pandémie

Bill Gates : Une prédiction datant de 2015 sur la présente pandémie

En 2014, le monde a évité une terrible épidémie mondiale du virus Ebola grâce à des milliers de travailleurs de la santé désintéressés – plus, honnêtement, grâce à beaucoup chance. Avec du recul, nous savons ce que nous aurions dû faire mieux.

Il est donc maintenant temps de mettre toutes nos bonnes idées en pratique, de la planification de recherche de vaccins à la formation des agents de santé suggère Bill Gates dans cette conférence TED à laquelle il a participé à Vancouver en 2015. Cette vidéo est en anglais, mais vous pouvez utiliser l’outil de sous-titrage [cc] du lecteur YouTube pour obtenir la traduction française.

La prochaine épidémie ? Nous ne sommes pas prêts.

(Transcription / traduction de cette conférence)

Quand j’étais petit, ce qu’on craignait le plus, c’était une guerre nucléaire. C’est pourquoi nous avions un baril comme celui-ci dans notre sous-sol rempli de conserves de nourriture et d’eau. En cas d’attaque nucléaire, nous devions aller nous cacher au sous-sol et nous nourrir du contenu du baril. Aujourd’hui, la menace la plus grande ne ressemble plus à ça, mais plutôt à un virus grippal.

S’il y a quelque chose qui doit tuer plus de 10 millions de personnes prochainement, il y a de bonne chance que ce soit un virus hautement contagieux, et non une guerre. Non pas des missiles, mais des microbes. À vrai dire, cela est dû en grande partie au fait qu’on a investi énormément dans la dissuasion nucléaire, et très peu dans la prévention des épidémies.

Nous ne sommes pas prêt pour la prochaine épidémie. Prenons l’Ebola en exemple. Je suis sûr que vous en avez entendu parler dans les téléjournaux. Il a amené son lot de défis. J’ai suivi l’événement de près en me référant au plan d’éradication que l’on utilise pour la polio. Lorsqu’on regarde ce qui s’est passé, on se rend compte que le problème n’est pas un mauvais plan d’action, mais plutôt l’absence de plan d’action.

En fait, il y a certains éléments clés qui n’étaient pas du tout présents. Nous n’avions pas un groupe d’épidémiologiste prêt à partir afin d’examiner le virus et d’évaluer son degré de propagation. Cette information nous est parvenu sur papier. Elle n’a pas été accessible en ligne immédiatement et elle était extrêmement imprécis.

Nous n’avions pas d’équipe médicale prête à partir, ni même de moyen de prévention pour notre population. Médecins sans frontières a été très efficace pour recruter des volontaires, mais nous avons malgré tout réagi trop lentement avant d’envoyer les milliers de volontaires dans ces pays.

Une épidémie étendue requiert plutôt des centaines de milliers de travailleurs. Il n’y avait personne sur place pour tester des traitements, pour évaluer les diagnostics, pour choisir les outils à utiliser. Par exemple, nous aurions pu prendre le sang des survivants afin de le traiter et de l’utiliser comme vaccin. Nous n’avons même pas essayé. Il manquait donc plusieurs éléments. C’était un échec total.

L’OMS a été créer pour surveiller les épidémies, pas pour fournir ces éléments. Toutefois, dans les films, c’est une autre histoire: un groupe d’épidémiologistes est toujours prêt à partir et à régler tous les problèmes.

Mais la réalité n’est pas aussi… Hollywoodienne.

Ce manque de préparation pourrait mener à un résultat bien pire que l’Ebola lors de la prochaine épidémie. Regardons la progression de l’Ebola cette année (2015). Environ 10 000 personnes sont mortes, pratiquement tous dans les trois pays d’Afrique de l’Ouest.

Trois raisons ont empêché le virus de se propager.

  • La première: le travail héroïque des travailleurs de la santé. Ils sont allés sur place et ont prévenus les infections.
  • La seconde: la nature de virus. L’Ebola ne se répand pas par l’air. Et lorsqu’on est contagieux, on est tellement malade que l’on reste alité.
  • La troisième: le virus n’a pas atteint beaucoup de villes. Cela n’est dû qu’à la chance. Si cela avait été le cas, le nombre de contaminés aurait monté en flèche.

La prochaine fois, nous ne serons peut-être pas aussi chanceux…

Nous pourrions avoir un virus qui est contagieux avant que la personne ne se sente mal. Celle-ci pourrait prendre l’avion ou se rendre au marché. La source du virus pourrait ne pas être une cause naturelle, mais bien une attaque biologique. Plein de facteurs pourraient rendre les choses mille fois pire.

Regardons par exemple le cas d’un virus aérien, tel la grippe espagnole en 1918. Voici ce qui arriverait: elle se propagerait dans le monde entier très très rapidement. Plus de 30 millions de personnes en mourraient.

C’est un problème des plus sérieux. Nous devrions être inquiets. Mais en fait, nous pouvons construire un plan stratégique efficace. Nous avons accès à toute la science et la technologie.

Les cellulaires permettent d’assurer une communication avec la population.

Les cartes satellitaires permettent de voir les mouvements de la population.

Nos avancées en biologie nous permettent de réduire le temps requis pour examiner un pathogène et pour créer des vaccins et des médicaments adéquats.

Donc, nous avons les moyens, mais ces moyens doivent être globalisés en une seule entité de santé. Et nous devons nous préparer. Les meilleurs exemples de préparation, selon moi, proviennent de notre armée. Nous avons des soldats prêts à partir en tout temps. Nous avons des réserves pour protéger la majorité de la population. L’OTAN a une unité mobile qu’elle peut déployer très rapidement. L’OTAN fait aussi beaucoup de jeu de guerres pour vérifier que les gens sont bien entraînés et comprennent mieux que quiconque le rouage des opérations. Quand c’est le temps d’agir, ils sont prêts.

Et c’est exactement la même chose qui devrait être faite pour les épidémies. Comment faire?

Premièrement, il faut des bons systèmes de santé dans les pays pauvres afin que les mères puissent donner naissance en sécurité, que les enfants soient vaccinés, et aussi afin que l’on perçoivent les débuts d’épidémie rapidement.

Nous avons besoin d’un corps médical permanent, beaucoup de gens expérimentés et entraînés prêts à partir à tout instant. Nous devons jumeler ce service avec notre armée afin de profiter des connaissances de celle-ci, habituée à travailler vite, efficacement et sans danger. Nous devons faire des simulations: jeu de microbes, et non de guerre, pour voir ce qu’il reste à améliorer.

La dernière fois qu’un tel jeu à eut lieu aux États-Unis, c’était en 2001, et ça ne s’est pas bien passé.

À date, le score est: Microbes: 1, Population: 0.

De plus, nous avons besoin de Recherche & Développement sur les vaccins et les diagnostics. Il y a présentement des percées, comme avec le virus associé au adénovirus, que sont très, très prometteuses.

Bien sûr, je ne sais pas combien tout cela coûterait, mais je suis à peu près sûr que ce n’est rien comparé à ce qui pourrait arriver.

La Banque mondiale estime que s’il y avait un épidémie mondiale de grippe, la richesse mondiale diminuerait de plus de trois billions de dollars et il y aurait des millions et des millions de morts.

Ces investissements offrent des avantages qui vont bien au-delà d’être simplement prêt pour la prochaine épidémie.

Les soins de santé primaires, les R. & D, etc, réduiraient l’inégalité dans la santé mondiale, et rendrait le monde non seulement plus juste, mais plus sécuritaire.

En conclusion, je crois que cela devrait absolument être une priorité. Il ne faut toutefois pas s’alarmer. Nous n’avons pas à emmagasiner des boites de spaghettis ni à s’enfermer au sous-sol, mais nous devons commencer à agir, car le temps est contre nous.

En fait, s’il y a quelque chose de positif qui ressort de l’épidémie d’Ebola, c’est que cela peut servir d’avertissement afin que l’on puisse se préparer. Si nous commençons aujourd’hui, nous serons prêt pour la prochaine épidémie.

Merci.


Traduction : Florence Marcotte – Révision : Serge Brosseau
Source : TEDx

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