La différence entre empathique et sympathique

Citation Empathique ou sympathique, qu’est ce qui est le mieux?

Empathique ou sympathique, qu’est ce qui est le mieux?

La société a tellement besoin d’empathie et malheureusement nous nous donnons davantage de sympathie. L’empathie et la sympathie sont des attitudes, ce qui veut dire un ensemble de croyances mentales conscientes ou inconscientes, un état émotionnel et mental spécifique, qui vont déterminer des comportements observables.

L’empathie c’est la capacité de :

  1. Ressentir ce que l’autre ressent, c’est la résonance émotionnelle.
  2. Voir le monde à travers les yeux de l’autre. Se connecter au monde de l’autre en vibrant selon sa résonance affective. C’est la compréhension du point de vue de l’autre.
  3. Comprendre l’autre intellectuellement. Comprendre ses idées, c’est l’empathie cognitive.
  4. C’est aussi avoir de la compassion, c’est-à-dire ressentir la souffrance de l’autre et vouloir aider la personne si elle nous le demande. La compassion n’est pas d’être un sauveur pour l’autre et de victimiser l’autre. C’est être sensible à la souffrance des autres et vouloir apporter sa contribution en aidant. C’est aussi être dans l’amour et la bienveillance en conscience de ce qui se passe à l’intérieurement de moi.
  5. C’est aussi être capable d’ éprouver et partager la joie du bonheur et du bien-être d’autrui.

Beaucoup de personnes ne font pas la distinction entre l’empathie et la sympathie. Pourtant il y a plusieurs grandes différences, car être sympathique envers l’autre n’est pas aidant en soi et ne permet pas la relaxation de ce dernier à la suite à l’intégration de son problème. Par exemple, si je me confie à une personne sympathique, je ne me sentirai pas pour autant plus léger ou libéré de ma problématique, je risque même de me sentir encore plus confus, car je vais être envahi par les propos de l’autre.

Être sympathique

Être sympathique c’est essayer de sauver l’autre ou encore de vivre son  malheur ou sa  joie ensemble. Lorsque nous sommes sympathiques à l’autre, nous ne sommes jamais vraiment complètement avec lui, car notre résonance émotionnelle à l’autre réactive en nous des souvenirs  et des représentations mentales qui nous envahissent rapidement et ceux-ci sont toujours accompagnés par des émotions. C’est ainsi que nous perdons contact avec l’autre et son ressenti parce que notre propre ressenti nous submerge de plus en plus.

Nous ne sommes plus capables de l’écouter vraiment, car chaque mot et chaque émotion vibre en nous et nous rappelle une expérience que nous voulons  partager. Malheureusement la plupart d’entre nous n’avons pas été conscientisés à basculer leur attention de l’interne (le corps, leurs ressentis) à l’externe (l’autre, son langage non verbal), ce qui fait qu’ils n’ont pas conscience de ce qui se passe à l’intérieur d’eux. C’est comme si le commandant du corps n’était plus à la barre.

De plus lorsque nous sommes sympathiques comme nous avons mal pour l’autre du fait que nous ressentons de la compassion pour lui, nous voulons lui venir en aide, mais pas de n’importe quelle façon,  nous tombons dans le rôle du sauveur. Inconsciemment nous voulons que l’autre cesse de souffrir pour que nous aussi cessions de souffrir pour lui.  C’est pour cette raison que nous voulons le conseiller, lui donner des solutions toutes faites, changer son comportement et cela sans nous rendre compte que nous lui enlevons son pouvoir, car la personne sympathique ne prend pas le temps de demander si l’autre veut bien son aide.

Par exemple, si un enfant est hospitalisé, ou encore, qu’il revient en larme de l’école, la présence d’une personne cher et aimante à ses côtés qui lui tient la main et l’écoute et le réconforte avec des paroles aimantes et bienveillantes lui fera sans doute plus de bien que l’anxiété d’une personne submergée de détresse, ne pouvant supporter la vue de son enfant malade ou en larme.

Aussi il y a des personnes sympathiques qui n’éprouve aucune résonance émotionnelle, ce qui veut dire qu’elle ne ressentira rien, elle est coupée de ses émotions. Cette personne sympathique aura tendance à juger l’autre et essayer de positiver tout ce que l’autre lui raconte, elle va la réconforter mais avec détachement.

La personne sympathique répond avant tout à ses besoins tandis que la personne empathique est à l’écoute de l’autre, elle est là pour soutenir l’autre dans sa vérité et son processus de recherche de solution. Elle est connectée de cœur à cœur. Elle est consciente de ses émotions et elle est capable de les mettre de côté afin de se rendre complètement disponible à l’autre ou si elle ne les met pas de côté complètement, elle garde un œil bienveillant et attentionné avec l’intention de ne pas se faire happer par elles, qu’elles deviennent suffisamment intenses pour ne plus être empathique.

Inconsciemment nous voulons que l’autre cesse de souffrir pour que nous aussi cessions de souffrir pour lui.  C’est pour cette raison que nous voulons le conseiller, lui donner des solutions toutes faites, changer son comportement et cela sans nous rendre compte que nous lui enlevons son pouvoir, car la personne sympathique ne prend pas le temps de demander si l’autre veut bien son aide.

Être empathique

La personne empathique accompagne l’autre  dans sa démarche d’intériorisation et d’introspection, elle devient une ressource pour l’autre. Elle valide à l’occasion ce qu’elle entend ou ce qu’elle voit, elle est avant tout un miroir pour l’autre, ainsi la confusion se dissipe et fait place à la lumière: elle permet de mettre des mots sur ses ressentis et ses pensées. Une personne qui est écoutée avec empathie se sent en sécurité et ainsi elle peut se décontracter, et faire place à ses ressentis, ses idées, ses pensées qui deviennent de plus en plus structurées. Ayant une ligne directrice, elle devient capable d’intégrer son expérience douloureuse par elle-même et de lui donner un sens.

L’intégration d’une expérience douloureuse c’est lorsque le flux d’énergie passe d’un hémisphère du cerveau à l’autre, le droit où elle ressent les émotions, où sa perception est vaste et les liens se font les uns après les autres et le gauche où elle met les mots et où sa pensée se structure. Le mouvement cérébral de gauche à droite nous permet d’intégrer notre expérience, c’est-à-dire d’en prendre conscience par nos sensations physiques (les émotions) et nos pensées, puis de comprendre notre expérience et ensuite être capables de l’exprimer. L’introspection quotidienne intègre  notre cerveau, améliore nos relations et renforce notre esprit, notre intelligence.

Il y a différents niveaux d’empathie et certaines expériences d’empathie sont presque mystérieuses tellement la connexion est une communion avec l’autre. C’est comme si nous connaissions exactement ce dont la personne écoutée a besoin comme information ou soutien et cela sans la connaître.

Pour ce faire

  • Une expérience bloquée, non résolue peut se résoudre par l’intégration des processus de la mémoire et du récit, ce qui nous permet d’aller vers des modèles d’attachement sécurisants et d’individualisation tout en ayant une grande capacité d’empathie. Comme je viens de l’expliquer, la désorganisation peut survenir quand les sensations corporelles, les ressentis et les souvenirs qui jaillissent dans le cerveau droit ont du mal à être reçus et triés par le cerveau gauche, lequel  par contraste tente de raconter l’histoire avec des mots.
  • La désorganisation peut donc être considérée, comme un problème de coordination entre les deux hémisphères. C’est pour cette raison que la pratique de la cohérence cardiaque est très aidante, car elle permet cette alternance des hémisphères. Pour débuter cette pratique vous n’avez qu’à télécharger mon guide ici.
  • Avec un travail de réflexion et d’introspection, nous pouvons transformer des souvenirs implicites bruts en souvenirs explicites de certains faits dans le cerveau gauche et en souvenirs autobiographiques dans le cerveau droit; ainsi nous les empêchons de pénétrer dans notre esprit sous forme d’émotions ou de souvenirs intrusifs et leur permettons de s’intégrer dans un récit cohérent racontant qui nous sommes comme individus. Nous connaissons notre histoire et nous pouvons nous raconter sans vivre un déséquilibre ce qui d’ailleurs fait que nous pouvons aussi le faire pour autrui, afin de le comprendre : ses intentions, ses désirs, ses croyances, ses idées, ses besoins, ses émotions.
  • Ce qui veut dire qu’il est important de trouver une personne qui a une bonne capacité d’écoute empathique et en même temps il est idéal de trouver une personne qui est ou qui peut devenir un-e partenaire significatif,  car plus nous nous racontons  mutuellement  dans une certaine mesure, plus nous guérissons ensemble,  plus la communication et l’interaction s’équilibrent. Si nous sommes seuls et que nous ne pouvons pas le faire avec une personne intime, nous pouvons entamer cette possibilité avec un ou une ami(E). Il est vrai qu’une démarche avec un  professionnel tel qu’un thérapeute ou un psychologue peut nous aider, mais ce n’est pas offert à tout le monde de pouvoir financer une telle démarche de guérison alors par moments, il faut trouver d’autres ressources.
  • Ce qui est le plus important est de mettre ce moment à l’horaire et de le rendre hyper-important, car sinon il ne sera pas priorisé.
  • De même, un attachement ambivalent peut être transformé en sentiment de sécurité si nous développons davantage le rôle de l’hémisphère gauche (mettre des mots et structurer nos émotions et nos pensées afin d’en faire un récit cohérent comme la pieuvre a besoin de le faire. Vous pouvez aller voir mes vidéos à cet effet : la pieuvre et la tortue dans le couple) dans notre vie intérieure, rétablissant ainsi l’équilibre entre nos deux hémisphères et vivre une séparation sécurisée, c’est-à-dire notre individualisation. Et le modèle évitant sera transformé en modèle sécurisant si nous développons davantage le rôle de l’hémisphère droit (ressentir des émotions et être capable d’empathie, ce qui manque à la tortue)  pour accéder enfin aux besoins de connexion, dont nous nous étions coupés.
  • Comprendre la façon dont les hémisphères droit et gauche déterminent chacun un mode spécifique de présence dans le monde peut nous aider à mieux comprendre notre parcours de vie et notre existence actuelle et ainsi tendre vers un mode de vie plus intégré. Vous pouvez aller voir ma chronique à cet effet, La maturité émotionnelle

C’est ce dont la société a besoin et c’est urgent. Nous pouvons nous guérir ensemble, il suffit de prendre le temps.

Monique

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