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Pourquoi, malgré toute ma volonté, ma souffrance perdure-t-elle?

Dans le désir de vouloir s’améliorer, changer, se délester de nos souffrances et grandir, il n’est pas rare qu’une partie de nous n’arrive plus à laisser-aller certaines choses. Malgré toutes les lectures, les exercices et les enseignements auxquels nous avons assisté, la colère, la rancœur, la frustration, la tristesse, la mélancolie, le stress, le manque d’estime de soi continuent de faire des ravages désastreux sur notre bien-être. On a tellement lu sur le sujet qu’on en est épuisé. On a tellement tourné et retourné l’histoire dans notre tête qu’on voudrait seulement aller dormir. On a tellement écouté les bons conseils de tout un chacun qu’on ne sait même plus en qui ou en quoi croire.

Dans les faits, ce ne sont pas les enseignements ou les guides spirituels qui n’ont pas su nous aider. Ce ne sont pas non plus nos limitations intellectuelles qui nous empêchent de grandir. Rien de tout ceci n’est la cause!

Le mot « grandir » en soi exprime bien la problématique

Une multitude d’événements peuvent venir troubler notre paix intérieure. Les plus douloureuses, cependant, auront un effet particulièrement gênant sur notre maturité émotionnelle – notre capacité à gérer les émotions. On accepte mal le fait de devoir se prendre en charge véritablement sans rien en retour. Nous voudrions être bercés. Pris en charge. Et, sans l’admettre, nous souhaitons voir l’entourage surgir de nulle part pour venir défendre l’injustice auquel nous faisons face. Nous attendons inconsciemment qu’une personne nous tienne la main et nous prenne en pitié. Nous avons besoin de retourner, toujours de manière inconsciente, dans l’enfance. Du temps où chacune des grosses émotions faisait accourir tout le voisinage dès que nous avions besoin d’être secourus.

Mais, voilà qu’à l’âge adulte rien de tout cela n’est possible. Oui, nos amis ou notre famille démontreront de la compassion. Mais, là s’arrêtera leur travail. Toujours est-il que l’enfant intérieur en nous cherchera tant bien que mal à se faire prendre par la main. On espère être sauvé par un élément extérieur au Soi. Nous ne voulons pas grandir. Agir ainsi, c’est aussi le choix intérieur de demeurer en quelque sorte une victime.

Attention : malgré les mots durs que j’emploie, ce texte se veut sans jugement. Nous sommes presque tous dans le même bateau.

N’est-ce pas agréable ce rôle de victime? Pour ma part, je n’ai plus besoin de compter sur moi, je suis VICTIME. Je ne suis pas obligé de me prendre en main, je suis VICTIME. Je ne peux rien changer, je suis VICTIME. Je dois continuer à me battre pour gagner, car c’est ce que fait une VICTIME.

Bien sûr, je veux me sentir bien. Alors, je travaille à comprendre pourquoi je n’arrive pas à me sentir bien. Je dois me prendre en main, oui, MAIS, tout en comprenant que je demeure la victime. Je veux vivre dans la joie, MAIS, sans abandonner ma triste histoire.

Le rôle de victime n’est pas faux en soi. Nous avons certainement été victimes des autres et de leurs souffrances. La question véritable est : qu’est-ce que j’y gagne? Mis à part le fait que je suis incapable de m’en sortir… ai-je obtenu gain de cause jusqu’à présent? Ai-je obtenu la vie de bonheur que je souhaite?

Le travail intérieur ne peut être accompli que par une seule et unique personne et c’est NOUS. À l’âge adulte, plus personne ne peut nous sauver. Surtout, personne ne le fera. Est-ce que ça veut dire que nous avons tort de croire que nous avons subi des injustices? NON. Est-ce que dans ce contexte de prise en charge du Soi nous donnons raison aux autres? NON. Est-il possible que vos parents, votre conjoint, vos amis ou qui que ce soit d’autre vous ait mal traités? Tout à fait!

Nous sommes l’unique personne responsable de notre bien-être

Pour accéder à la paix intérieure et surmonter les épreuves les plus troublantes, il faut sans contredit CHOISIR de le faire. La plupart d’entre nous, j’en suis la preuve vivante, pensent que nous choisissons de vouloir aller mieux, de vouloir nous débarrasser de nos souffrances et vivre une vie meilleure. En vérité, lorsque les souffrances persistent durant de nombreuses années, il est fort probable que nous n’ayons pas encore choisi de grandir et d’aller au-delà de notre mal profond.

Deux choix s’offrent à nous : s’accrocher désespérément à la souffrance ou s’en sortir

Le cerveau peut décider qu’il choisit de s’en sortir, mais est-ce que le cœur choisit de le faire? Bien que nous répétions sans cesse : « je veux sincèrement m’en sortir… je ne sais plus comment y arriver… je fais tout mon possible… pourquoi je ne parviens pas à le faire? », il se peut dans ce cas que votre cœur ait choisi de demeurer là où il est.

Je sais que ces mots font mal. Je sais que tout notre corps s’indigne à la lecture de ces mots. Je sais que nous nous désignons comme victimes et, dans un cas pareil, nous avons droit à une réparation quelconque. L’enfant en nous s’accroche vigoureusement à son histoire personnelle. Il ne veut pas lâcher.

Chaque fois que je parle à mes clients de ce fait, chaque fois une résistance profonde s’interpose entre eux et moi. Ils sont troublés, car ils sont là devant moi à chercher de l’aide. Par conséquent, ils ont choisi de s’en sortir! C’est une évidence même à leurs yeux. Je leur demande toujours de ne pas me répondre, d’attendre et de bien réfléchir à la question. Mais, ils sont intensément convaincus de leur engagement qu’ils refusent de réfléchir à la question et ils me fournissent une réponse vive d’émotion.

De l’extérieur, et aussi par mon expérience personnelle, je sais que la réponse véritable est celle-ci : vous n’avez pas encore choisi de grandir. Vous avez le désir de le faire, un désir extrêmement profond, mais vous n’avez pas envie d’abandonner votre histoire personnelle. Vous voulez vous sentir mieux tout en vous identifiant à ce que vous avez vécu.

Ça demande une force et un courage immense de choisir d’abandonner une histoire qui nous a fait énormément de tort. Ça exige une bravoure inimaginable de choisir une paix intérieure a priori invisible aux yeux du monde plutôt que de chercher une réparation. Ce n’est pas facile et c’est tout à fait normal. Sans compter que la plupart d’entre nous n’avons jamais appris à gérer nos émotions correctement. On nous a constamment sauvés des émotions dites négatives avec des phrases toutes faites :

  • Ne te fâche pas pour rien.
  • Arrête de pleurer!
  • Ne fais pas le bébé!
  • Ce n’est rien!
  • Vois la vie du bon côté.
  • Tu ne vas pas te fâcher pour de telles peccadilles!
  • Ridicule, cette personne devrait se prendre en main.

Comment est-ce possible de bien gérer les émotions quand tout ce que nous avons appris c’est à les ignorer? Inutile de vous dire que ces émotions n’ont pas disparu aujourd’hui. Elles sont simplement enfouies en nous sous forme de nœud. Elles attendent là, prêtes à exploser, ou bien elles se taisent, car elles se sentent indignent d’exister.

Maintenant, que faut-il faire?

Parfois, les messages du cerveau, ceux qu’on apprend à connaître par les connaissances, n’ont toujours pas pris racine dans une véritable volonté qui provient du cœur. Les qualités requises pour faire ce choix difficile sont celles-ci : la vulnérabilité, le désir de se « désidentifier » de son histoire personnelle, l’enracinement dans son amour de soi, le courage, la ténacité.

  • Commencez par vivre pleinement vos émotions. S’il le faut, redécouvrez les émotions que vous avez cru jusque là malsaines. (Indice : la colère cache la plupart du temps une grande tristesse. Vos parents vous ont peut-être empêché de vivre correctement vos émotions et vous ont soumis au mutisme sans nécessairement le vouloir.)
  • Comprenez que vivre ses émotions implique de devoir les laisser partir. Il ne faut pas s’accrocher à elles désespérément et continuellement. Une émotion saine apparaît, se vit et repart rapidement. Elle ne demeure pas vivante durant des années.
  • Apprenez à vous désidentifier des émotions et de vos souffrances. Vous n’êtes PAS l’émotion ni la souffrance. Vous n’êtes pas une personne colérique, pâte molle, stressée, ambiguë, fatiguée, frustrée, triste, etc. Vous VIVEZ une émotion passagère et vous ressentez de la souffrance.

Être résilient et vivre paisiblement implique que nous acceptions l’inconfort que procurent les émotions déplaisantes. La bonne nouvelle c’est que tout le monde peut apprendre à devenir résilient. Si vous vous questionnez sur les nœuds que vous sentez pris à l’intérieur, il est peut-être temps de choisir moment après moment, heure après heure, jour après jour de laisser-aller son histoire personnelle.

 

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