Amour de soi

Citation J’arrête d’être le sherpa des autres

J’arrête d’être le sherpa des autres

Comment cesser d’être le sherpa de la famille (ou celui de votre entreprise) sans culpabilité.

En ce mercredi 9 mai, veille de l’ascension, vous écoutez vos collègues de bureau jaser sur leur destination pour ce long weekend.

Du coin de l’œil vous observez Anita, votre collaboratrice directe, ranger ses affaires. Elle sifflote, elle part ce soir à Lisbonne pour 5 jours.

Vous soupirez !

Ce weekend vous allez le passer en tête à tête avec votre maman !!!!

Vos frères et sœurs ont déjà planifié leur propre weekend de longue date, et quand votre mère vous a appelé pour déplorer l’ingratitude des enfants d’aujourd’hui, vous avez voulu raccrocher car vous saviez qu’elle terminerait sa tirade par

Heureusement que je t’ai TOI !!!!

C’est toujours la même histoire.

A la maison ou au travail, votre entourage vous prend vraiment pour un baudet et vous charge continuellement en vous déposant les tâches, les problèmes non résolus, les cas de conscience, les décisions difficiles à prendre.

Comme si vous n’aviez pas de vie privée.

Malgré cette amertume, vous terminez ce dossier et passez récupérer votre mère.

Vous l’écoutez d’une oreille distraite vous raconter les derniers potins du quartier.

En mode automatique vous sentez croitre la colère en vous. Vous vous dites que c’est la dernière fois en répétant en boucle dans votre tête

J’en ai vraiment marre, il faut que je leur parle (aux frères, aux sœurs, aux collègues….

Alors vous ruminez.

Vous repassez en boucle toute votre vie.

Vous vous attardez sur chacune de ces situations où vous n’avez pas mis le holà !!

Toutes ces situations qui vous laissent un goût amer.

Le goût du regret !!

Du regret car vous avez l’impression de passer à côté de votre vie, de sacrifier vos propres choix pour les autres.

Année après année votre fardeau s’alourdit du poids des Autres.

Année après année ce fardeau devient un sac à dos qui ne vous quitte plus.

Vous le sentez ce sac à dos !

Il vous pèse ce sac à dos.

Il vous pèse tellement que vous n’avez plus aucun plaisir à le porter ce sac à dos.

Vous pouvez arrêter ça…ou pas !

Connaissez-vous les sherpas?

Ce terme, qui désigne un groupe ethnique originaire du Tibet, désigne aussi les porteurs et les guides qui aident les alpinistes sur les sommets himalayens.

Ces hommes et ces femmes d’exception ouvrent la voie et portent toute la charge sur leur dos.

L’histoire ne retient jamais leurs noms, ne retient jamais leurs visages.

Un peu à la manière des sherpas, vous avez à un moment de votre vie accepté de prendre le sac à dos de quelqu’un d’autre.

Celui des parents, de l’histoire familiale, d’un frère ou d’une sœur handicapée, malade ou décédé.

Vous avez pris ce sac à dos pour soulager l’autre. Vous vous en êtes plutôt pas mal sorti.

Alors dans la famille dès qu’un sac devenait trop lourd, trop pesant ils ont pris l’habitude de déposer ce sac sur votre dos.

Bah il y aura bien une petite place pour ce nouveau sac à dos !

Et vous avez continué à avancer, pliant l’échine sous le poids de ces sacs.

Sans vous en rendre compte, votre dos est devenu une plateforme de dépose sacs !!

A l’image de ce sherpa, vous avancez tête baissée, veillant à maintenir un équilibre pour ne pas chuter.

Votre obsession : Ne pas chuter, ne pas s’effondrer

Votre ambition : Juste poser un pas après l’autre.

Concentré sur cet équilibre à maintenir, vous ne pouvez même plus relever la tête pour apprécier le paysage. Vous ne pouvez même plus apercevoir l’Autre quand il dépose son sac sur votre dos déjà bien chargé.

Vous en prenez conscience quand il est trop tard, vous en prenez conscience quand vous sentez que vous vous affaissez encore un peu plus.

A l’intérieur de vous quelque chose bouillonne. Vous aimeriez hurler

Ça suffit !!! Reprenez vos sacs, vos problèmes !! J’ai assez à faire !!

Seulement voilà ! Il y a un truc qui vous retient !!

Si vous faites ça, vous pensez que la famille va exploser. Qu’elle vous tournera le dos. Ne plus vous aimer !

Et vous avez raison !!

Le but n’est pas d’exploser et de tout envoyer promener !!

Vous pouvez choisir de ne rien faire et de continuer à marcher, en donnant du sens au fait de porter les sacs des autres. Et si cela vous convient pourquoi pas.

Vous en êtes juste conscient et vous savez que vous vivrez votre vie entre parenthèse.

Une vie en attendant que chacun des problèmes contenus dans ces sacs se résolvent.

Une vie dans le brouillard avec cette sensation de ne pas avancer.

Ou alors vous pouvez décider de vivre ici et maintenant. Faire des choix qui sont bons pour vous. Avoir l’esprit apaisé. Vivre et non survivre. Agir et non réagir. Démarrer la journée « De bonheur »

Ce qui nous empêche d’avancer en profitant du voyage, c’est la lourdeur et le nombre de sacs dont nous chargeons notre mental.

Ces sacs qui nous encombrent sont souvent les sacs des autres dont nous nous sentons responsables.

Ce sont aussi toutes ces pensées qui nous parasitent, toutes ces non décisions qui nous pèsent.

Toutes ces choses que nous n’avons pas faites et que nous aurions aimé faire, toutes ces choses dans lesquelles nous nous sommes sentis empêchés.

Ces non choix encombrent notre mental, empêchent notre esprit d’y voir clair et affectent notre qualité de vie.

Chargés comme un mulet nous avançons tête basse, obsédés, concentrés par le prochain pas, incapable que nous sommes de déposer nos sacs et profiter du voyage.

Si vous souhaitez reprendre le contrôle de votre charge mentale, de votre existence, arrêtez-vous pour déposer vos sacs !!

Faites le tri.

Laissez sur le bord de la route ceux qui ne vous appartiennent pas, vous aurez assez à faire avec les vôtres.

Cela signifie-t-il que vous ne devez plus aider ????

Non, cela signifie que la prochaine fois que vous prendrez un sac, vous le prendrez en conscience. Et vous définirez à l’avance le bout de chemin que vous ferez avec.

Vous définirez à l’avance ce que vous en faites et quand cela s’arrêtera.

Vous pouvez aussi être simplement à côté de celui qui porte le sac.

Marcher à ses côtés de manière bienveillante sans faire à sa place et en étant juste inspirant.

Décidez de déposer ces sacs, maintenant !

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