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Citation Un nouvel état de bonheur ou « comment être heureux? ». Sans être pompeux.

Un nouvel état de bonheur ou « comment être heureux? ». Sans être pompeux.

Un nouvel état de bonheur

Qu’est-ce qui nous rend heureux? Le bonheur se trouve-t-il ? De quoi dépend t-il? Et si c’était un état d’esprit? Et si nous pouvions créer, développer et cultiver cet état d’esprit? Et si cet état nous permettait de nous libérer de nos limites, de nos souffrances?

Pour la quatrième fois, j’animais un atelier sur « comment être heureux? » baptisé « un nouvel état de bonheur ». Oui, bon… si vous me connaissez un peu, vous savez que je ne réponds pas aux « comment ». Par contre, les sources d’inspiration proposées lors de cet atelier sous forme de cartes « the Coaching Game » et de pensées d’auteurs, philosophes et penseurs ont eu tellement d’impact, que j’ai eu l’idée de cet article.

Si je vous dis: « le bonheur n’est pas de ce monde », quelle est votre réaction ?

Et si je vous dis « le bonheur trouve sa source dans la limite du plaisir et la quiétude de l’âme. » ?

Ou encore « être heureux, c’est être bête, égoïste et avoir une bonne santé »?

Penseurs, philosophes et auteurs à propos du bonheur

La première pensée est le propre de la plupart des religions qui nous laissent croire que le bonheur est ailleurs: paradis, nirvana, firdaws. La deuxième est le propre d’Epicure, qui parlait déjà de satisfaire nos besoins fondamentaux, et la dernière de Flaubert.

Hedone prônait la recherche du bonheur, l’eudemonia. Pour Goethe, le bonheur suprême c’est être soi-même, c’est satisfaire les aspirations de notre être (c’est donc très subjectif et individuel). Comme les oiseaux vivent dans l’air et les poissons dans l’eau, chacun doit évoluer dans l’atmosphère qui lui convient. D’après Schopenhauer, le bonheur réside dans notre sensibilité; le bonheur et le malheur sont en nous… Le bonheur résiderait alors dans notre capacité à changer de regard.

Au pessimisme de Kant, de Schopenhauer et de Freud qui affirment qu’un bonheur complet et durable est impossible à cause du caractère infini du désir humain, des approches qui postulent que le bonheur n’est pas de ce monde, les sages d’Orient et d’Occident répondent que ce bonheur est possible à condition de ne plus chercher à ajuster le monde à nos désirs. La sagesse nous apprend à désirer et à aimer ce qui est. Elle nous apprend à dire « oui » à la vie. Un bonheur profond et durable devient possible dès lors que nous transformons notre propre regard sur le monde. Nous découvrons alors que bonheur et malheur ne dépendent plus tant des causes extérieures que de notre « état d’être ».

Relativité

Comment vous sentez-vous quand je vous dis que près de 700.000 enfants sont victimes d’abus sexuels et physiques chaque année aux États-Unis? Comment vous sentiriez vous si vous viviez sans gagner le respect, la reconnaissance ou l’admiration de vos pairs?

Un passage du journal d’Etty Hillesum me fait retenir mon souffle. Dans son journal rédigé durant les deux années qui précédèrent son arrestation, alors qu’elle sait qu’elle a peu de chances d’échapper à la déportation, elle écrit : « Quand on a une vie intérieure, peu importe, sans doute, de quel côté des grilles du camp on se trouve. […] J’ai déjà subi mille morts dans mille camps de concentration. Tout m’est connu. Aucune information nouvelle ne m’angoisse plus. D’une façon ou d’une autre, je sais déjà tout. Et pourtant, je trouve cette vie belle et riche de sens. À chaque instant. […] Le grand obstacle, c’est toujours la représentation et non la réalité »

Le bonheur et l’argent

Nous connaissons la délicieuse apostrophe de Jules Renard: « si l’argent ne fait pas le bonheur, rendez-le ! »

Des études ont montré que l’augmentation du revenu n’était pas corrélée avec une augmentation du bonheur. Toutefois, notre bonheur peut apparaître comme relatif.

« Etre pauvre à Paris, c’est être pauvre 2 fois » Emile Zola.

Et dans les études, lorsque qu’il est demandé : « Quelles sont les choses qui vous rendent le plus heureux ? », l’argent et le confort matériel ne sont pas cités en premier. A travers le monde, c’est la famille, la santé, le travail, l’amitié et la spiritualité qui sont nos favoris.

Pourtant, lorsque la question suivante vient : « Quelles sont les choses que vous aimeriez avoir pour être plus heureux aujourd’hui? », la majorité des gens sondés cite l’argent avant la santé.

N’est-ce pas paradoxal ?

Plasticine et bonheur

Une chose est claire, notre état d’esprit n’est pas une donnée immuable, même si nous avons des prédispositions génétiques à avoir « une bonne humeur ». Des recherches sérieuses récentes révèlent qu’il existe deux états d’esprit: croissance ou fixe. D’un côté il y a ceux qui pensent qu’il est impossible de changer, que nos qualités sont données et demeurent telles, et ceux qui savent qu’il est possible d’évoluer; ceux-là se remettent en question pour s’améliorer sans cesse. Que nous fassions partie des premiers ou des seconds, nous pouvons changer d’état d’esprit, par un travail mental, spirituel, en changeant notre mode de vie. Il est démontré aujourd’hui que l’activité physique et l’alimentation ont un impact réel sur nos états d’âmes.

Je pose un postulat à partir d’ici: le bonheur ne s’acquiert pas, comme si quelque chose d’extérieur venait se greffer à nous. Il est le fruit d’un dévoilement, il préexiste en nous.

« Je suis heureux et rien n’en est la cause » Christian Bobin.

Quel est le rôle du cerveau dans la quête du bonheur ?

Nous savons aujourd’hui, grâce aux neuro-scientifiques, que l’expérience de plaisir a pour effet un rééquilibrage des secretions hormonales et des neurotransmetteurs du cerveau, ce qui favorise la stabilité de notre humeur.

« Celui qui change son cerveau change sa vie. » Rick Hanson.

Vous avez sans doute entendu parler des neurotransmetteurs. Voici les hormones qui jouent un rôle dans le bien-être ou les émotions positives:

Qu’est-ce qui augmente la production de ces « happy » substances ?

Outre notre génétique, notre bonheur dépend également de notre alimentation, notre mode de vie, de nos comportements. Se nourrir sainement, bouger, avoir une activité physique ou sportive. Mais il n’y a pas que la nourriture pour le corps.

Notre vie émotionnelle est ainsi considérablement influencée par notre cerveau et toutes les substances chimiques sécrétées par notre corps. Celles-ci jouent un rôle important dans notre aptitude au bonheur et au malheur.

Notre vie spirituelle également. La méditation produit des ondes gamma plus intenses et favorise une meilleure synchronisation cérébrale.

Nos pensées et nos croyances déterminent notre rapport au monde.

« Qu’est-ce que je serais heureux si j’étais heureux » Woody Allen

Il est ainsi démontré que les optimistes envisagent le futur avec plus de sérénité, ils attirent en quelque sorte plus d’événements et de rencontres positifs. Ils sont en meilleure santé et sont 8 fois moins sujets à la dépression.

Les experts en neurosciences des conversations nous apprennent que tous les types de conversations ne génèrent pas la même neurochimie. Il y a des conversations qui produisent du cortisol – l’hormone du stress – et des conversations qui produisent de la dopamine et de l’oxytocine.

Quelles sont les conversations qui ouvrent votre esprit ?

Quelles sont les attitudes qui vous rendent heureux ? Notre langage est aussi responsable de notre état d’être et des expériences que nous vivons. Jugez plutôt en comparant les deux listes suivantes:

Un monde de différence dans l’expérience n’est-ce pas ?

Le choix du bonheur

Chacune de ces attitudes dépend de nous. Entièrement.

Faites cette expérience: prenez un verre. Posez le devant vous. Observez le quelques instants. Que vous êtes-vous dit à propos de ce verre ? Maintenant, attribuer 10 noms différents à cet objet. Ensuite, racontez-vous une histoire qui vous prouve que ce verre est un mauvais verre. Faites-le. Prenez 30 secondes pour ceci. Ensuite, faites l’inverse. Racontez-vous une histoire qui vous démontre que ce verre est un bon verre. Faites le. Maintenant, observez ce verre. A-t-il changé ? Bien sûr que non. C’est le même verre. Son essence n’a pas été altérée, quelque soit l’histoire que vous vous racontez à son sujet. Il en est de même pour vous. Il en est de même pour tout ce qui vous entoure, pour chaque situation de la vie que vous vivez. Bonne ou mauvaise ? Ce n’est qu’une histoire. Quelle histoire préférez-vous ?

 « Tout peut être pris d’un homme mais une chose : la dernière des libertés humaines à choisir son attitude dans un ensemble donné de circonstances , de choisir sa propre voie » Viktor E. Frankl

Le bonheur durable est-il une forme de bien-être profond ?

Est-ce une sensation fugace de plaisir? Un ego boosté de manière temporaire? Avons-nous besoin des autres pour être heureux?

Et pour vous ? C’est quoi le bonheur ?

Qu’en est-il de vos aspirations?

On dirait bien que le bonheur dépend plus de nous que de circonstances extérieures.

Que mettez-vous en place pour – non pas l’atteindre – mais le vivre aujourd’hui, là maintenant ?

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