Citation Découvrir le parent en nous et devenir un adulte authentique

Découvrir le parent en nous et devenir un adulte authentique

Enfant, on cherche naturellement la mère, on ne peut se passer d’elle, elle est notre sécurité, notre valorisation, notre nourriture. Mais bien sûr qu’à mesure qu’on vieillit, on cherchera naturellement à quitter le giron de maman, son sein, son approbation, sa vigilance. On vit sa vie, on fait ses expériences, on quitte le nid.

Pas si vite ! On cherche encore le nid. Car les parents, comme tout ce qui est extérieur, sont les symboles de l’intérieur, et aussi longtemps qu’on n’a pas découvert ses vrais parents, qui sont le centre de notre être, de notre Cœur, on les cherche toujours à l’extérieur. Aussi longtemps qu’on ne s’est pas pardonné soi-même (la Mère), qu’on n’a pas accepté de prendre sa vie en main et de plonger (le Père), on se cherche des parents partout, des approbateurs, des béquilles, des nourriciers.

Les béquilles de l’extérieur

Souvent, sinon la plupart du temps, les amants cherchent dans leur partenaire une mère ou un père qui leur manque. Ils cherchent à être aimés et approuvés et soutenus, ils veulent que quelqu’un d’autre assume leur vie. Les malades font la même chose vis-à-vis des médecins, qui deviennent leurs parents. Même chose quant au gouvernement, nous cherchons quelqu’un qui va prendre en main nos responsabilités et nous nourrir. En éducation, on cherche encore le parent. Et en religion, surtout, combien cherche un groupe, un gourou, une église qui puissent prolonger leur sécurité infantile.

Mais il faut dire que cela marche dans les deux sens. Les médecins cherchent à rendre leurs clients dépendants d’eux – comme bon nombre de psychiatres qui prolongent les traitements. Ces gens font l’inverse de ce que recommande le docteur Schweitzer : “tous les humains ont en eux un médecin; ils viennent voir les médecins officiels parce qu’ils ne le savent pas; mais le rôle des médecins c’est de leur apprendre.”

Le clergé – comme tous les autres clergés du reste – tente de maintenir les ouailles dans la dépendance, car ils conçoivent leur Église comme une hiérarchie dont le sommet est plus près de Dieu que la base, et tous ceux qui sont en-dessous du chef sont des dépendants, surtout s’ils sont des femmes. Semblablement, les éducateurs se voient comme des possesseurs de vérité et leurs élèves comme des sous-produits qui ne savent rien. Ils ne favorisent pas l’autonomie ni le feed-back d’”en bas” qui ferait croître l’éduquant autant que l’éduqué. Car nous sommes tous éducables, et cela n’arrête pas aussi longtemps qu’on vit.

Il faut dire aussi que ce qui empêche les éducateurs de se maintenir ouverts, en croissance et en état d’apprentissage, c’est qu’ils conçoivent leur rôle comme celui d’un fonctionnaire: ils font du 9 à 5. Qu’on se rappelle Le Déclin de l’empire américain: les intellectuels n’ont pas éduqué leur cœur, leur corps ni leurs émotions. Ils demeurent de grands bébés parce qu’ils ne sont pas unifiés et que leur tête est complètement coupée de leurs entrailles.

Croître avec les autres

La croissance d’un être, de chacun de nous, suit les mêmes lois. On ne peut croître si on empêche l’autre de croître. La croissance se fait toujours à deux: moi, et l’autre, moi et les autres. Toute relation humaine implique un donneur et un receveur, qui s’échangent leur rôle. Ce que je me fais je le fais à l’autre. Si je n’aime pas qui je suis ou ce que j’ai fait, si je ne suis pas honnête avec moi et ne m’accepte pas tel que je suis de a à z, j’agirai pareillement dans mes rapports avec autrui. Je transmettrai ce que je vis; je rayonnerai ce que je suis.

Or, une des lois de la croissance chez les humains, c’est que l’un ne peut dominer ni posséder personne. Et que c’est parce qu’il en est ainsi que chacun doit agir dans le sens inverse s’il veut lui-même évoluer, grandir, se libérer. La mère-poule, qu’elle soit une Église, un système d’éducation ou un corps médical – ou les individus qui composent ces ensembles – la mère-poule, en empêchant son enfant de croître, s’empêche elle-même d’évoluer.

La vie dans notre Essence véritable commence le jour où on ne cherche plus des parents en dehors de soi.

Comme Jésus disait qu’il fallait aimer les autres comme soi-même, ainsi pourrait-on dire que l’on doit faire croître les autres comme on se fait croître, que l’on doit rendre les autres autonomes, créateurs, responsables, en se rendant ainsi soi-même. Car c’est en le faisant sur soi et pour soi qu’on le fera pour autrui, pas autrement.

Devenir Unique et Créateur

Chacun de nous est inviolable, autonome, libre, créateur et unique dans son être de fond. Personne sur terre n’est au-dessus de moi. Personne non plus n’est en-dessous. C’est pourquoi nous ne pouvons soumettre notre vie ou notre être à quiconque et que chercher à être dominé constitue la même erreur que vouloir dominer: c’est refuser de se prendre en main, c’est empêcher l’autre de se prendre lui aussi en main et d’avancer selon son propre rythme.

En fait, la vie dans l’Esprit commence le jour où on ne cherche plus des parents en dehors de soi. On est devenu adulte soi-même, on s’aime et s’accepte pleinement, on a fait l’harmonie, l’unité en soi, on s’est pardonné. De sorte qu’on n’est plus dans une attitude de dépendance vis-à-vis des autres. Ce n’est pas eux qui nous valorisent, c’est nous-mêmes. Ce n’est pas eux qui nous rendent heureux, mais nous. (Être dépendant ou dominant des autres, c’est vivre divisé. C’est parce qu’on est divisé en soi-même et on lutte avec ce qu’on vit qu’on est divisé d’avec les autres.)

On découvre que les vrais parents, dont les parents visibles n’étaient que le symbole, sont à l’intérieur de soi, à la source de notre être, dans notre Cœur. C’est le lieu de l’autonomie, de l’écoute intérieure, de l’abandon, de la fidélité à soi.

Aussi longtemps que je n’aurais pas confiance en ces parents intérieurs, c’est-à-dire aussi longtemps que mon autorité me serait extérieure, dans les parents et les figures imposantes de ma vie, je ne serais jamais moi-même, mais à la remorque d’autrui, des opinions extérieurs, des modes courantes et des clichés de mass-média. Et aussi longtemps que je n’aurai pas accepté, reconnu et développé cette autorité intérieure, j’aurais toujours peur des autorités civiles, religieuses ou autres. Car la peur étant l’absence de l’amour, avoir peur prend toujours agressif.

Le rôle des parents

Les parents sont donc là pour qu’on finisse par s’en passer, comme les curés, les éducateurs, les médecins. Et ceux qui, en autorité, ne jouent pas comme il faut leur rôle de sages-femmes retardent leur propre naissance, font souffrir et maintiennent la société à l’état infantile – le “haut” comme le “bas”. Car ni l’un ni l’autre n’existent. Et c’est la croyance qu’ils existent qui fait pratiquer la domination, la volonté de posséder les autres et de les maintenir dépendants.

En comprenant que chacun de nous est unique au monde et dépendant de personne dans son Cœur, on suivra de plus en plus cette loi qui, comme toute loi de la Vie, est faite pour faire évoluer les êtres depuis la semence jusqu’à l’arbre.

Inspiré de : Paroles pour le cœur, Placide Gaboury

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