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Citation Le totalitarisme des idées

Le totalitarisme des idées

D’une manière un peu naïve, je parcoure le monde en m’émerveillant des rencontres que je peux faire, de la diversité des individus et des manières de faire, et en cultivant ma curiosité et mon ouverture à d’autres manières de vivre.

Comme je suis française, cela me ramène à cette devise de mon pays « Liberté, égalité, fraternité ». Elle est mise à toutes les sauces, revendiquée par les uns ou les autres, mais ce qui m’intéresse ici, c’est la juxtaposition des termes.

Car il ne s’agit pas de prôner par-dessus tout la liberté individuelle. Il s’agit de trouver une harmonie entre les libertés individuelles et collectives, une égalité de traitement entre êtres, hors de toute considération sociale ou sociétale, et une fraternité, qui est la mesure d’une vie ensemble sans peur de l’autre, et sans jugement, comme un parent accueille ses enfants et les réconforte.

MON idée est meilleure que la tienne…

Hors force est de reconnaître que j’ai été bousculée un certain nombre de fois par des individus qui ont une tout autre conception de la vie.

Alors j’ai poussée ma réflexion un peu plus loin, en m’inspirant de la démarche philosophique qui consiste à douter de tout pour trouver le cœur du problème.

Car cela ne me pose pas de problème que d’autres pensent différemment de moi. La diversité est une richesse. Alors je me suis demandée ce qui me pose problème. Et ce qui pose problème, ce n’est pas la différence, c’est l’imposition, l’opposition. C’est le prosélytisme des idées. C’est l’absolue certitude de ces individus que leur version du monde est meilleure que la mienne.

Car la subtilité est là. Juste là. Dans ces quelques mots qui manquent.

J’ai croisé des personnes qui ont l’absolue certitude que leur manière de vivre est meilleure pour eux que la mienne. Ah ! Mais ça change tout. Car eux ont intégrée la dimension de liberté et de fraternité.

Je peux aimer la campagne et avoir des amis citadins. Je peux manger au fast food de temps en temps et apprécier les légumes du jardin. Je peux aimer la viande et être en complet désaccord avec les systèmes industriels d’élevage.

Mais si je reprends cette phrase en supprimant les 2 derniers mots, juste ces 2 petits mots « pour eux ». Alors ça devient « J’ai croisé des personnes qui ont l’absolue certitude que leur manière de vivre est la meilleure »… et on passe d’un équilibre personnel, harmonieux et évolutif, à un équilibre absolu, rigide et intolérant.

Car c’est cela le totalitarisme des idées. Cette illusion que MA manière de vivre le monde est plus valable que la vôtre, et qu’il est donc impératif de VOUS faire changer d’avis. Ça nous concerne tous, dans tous les domaines de notre vie.

Car bien entendu, c’est un système qui ne marche que dans un sens. C’est VOUS qui devez changer d’avis, puisque c’est MOI qui ai la vérité.

… pour MOI

La bonne nouvelle, pour nous tous, c’est que nous avons TOUS la vérité. Mais notre propre vérité. Et il n’est pas nécessaire de l’imposer au monde.

Notre travail est de l’accepter. De prendre conscience de notre unicité et de notre participation à un ensemble beaucoup plus vaste que tout ce que nous pouvons imaginer.

Je sais mieux que TOI ce qui est bon pour MOI. Tout comme tu sais mieux que MOI, ce qui est bon pour TOI.

Mais lorsqu’il s’agit de vivre ensemble, pour sortir d’une vision floue d’un idéal inatteignable, nous avons besoin de nous concerter, de choisir le monde dans lequel nous voulons vivre et de nous donner les moyens de le construire. D’accepter les autres, de faire des concessions, chacun, pour que l’équilibre soit acceptable pour tous.

Car c’est une tâche immense de trouver l’équilibre collectif qui permette à nos équilibres individuels de s’épanouir. Mais c’est une tâche à faire ensemble. Alors, on s’y met ?

Sandrine

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