Comment vaincre la fatigue et gérer son énergie

Comment vaincre la fatigue et gérer son énergie

Je rencontre beaucoup de personnes autour de moi qui se disent fatiguées et qui le sont réellement.

Jeunes mamans aux yeux cernés par le cumul soins à leur tout jeune enfant et travail.

Salariés inquiets pour leur avenir, surcharge de travail, pression vécue par les dirigeants et indépendants sur les conséquences du COVID. Ambiance générale de notre société violente, instable, incertaine.


🔊 Écouter le podcast de l’article : Apprendre à gérer son énergie


Tout le monde connaît cet engrenage, nuits de sommeils écourtées, nuits de sommeils non réparatrices, stress, soucis…Une boucle infernale s’enclenche. Plus je suis fatigué(e), plus je risque de commettre d’erreurs ce qui entraîne plus de fatigue. L’énervement s’invite, les pics de colères, les réactions non maîtrisées, les mauvaises décisions, la suractivité improductive…bref tout ce qu’il faut pour rajouter des problèmes aux problèmes.

Si on nous a appris à gérer un budget, gérer beaucoup de choses personne ne nous a jamais enseigné qu’il fallait prendre soin de soi et savoir gérer son énergie.

Quels conseils pour s’en sortir et mieux gérer son énergie ?

1° Nous avons besoins de trois types d’énergie afin de faire ce que nous avons à faire

  • Physique
  • Intellectuelle
  • Nerveuse

Les trois énergies sont bien évidemment étroitement liées et en interactions permanentes, la fatigue dans un compartiment entraîne des conséquences sur les autres. Nous savons tous que tirer sur la ficelle de nos capacités physique entraîne une fatigue nerveuse nous compensons en vivant « sur les nerfs » selon l’expression courante. L’inverse est également vrai.

Certaines boucles se comprennent facilement.

Prenons un exemple raconté par une patiente de mon cabinet : « Hier je me suis levée à 6 heures ; je suis maman d’un jeune garçon de 5 mois que j’ai nourrie 2 fois dans la nuit, ce matin j’ai pris ma voiture à 7 heures pour aller à la Défense rejoindre mon bureau. J’y suis arrivé 1 heure 30 plus tard. En regardant mon agenda je me suis rendu compte que la réunion que je pensais pour le lendemain avec une intervention à préparer c’était ce matin (je me suis trompée de jour). J’étais dans tous mes états, il m’a fallu 5 minutes avant que je reprenne possession de mes moyens et pouvoir me mettre au travail en urgence pour la réunion qui se déroulait 1H30 après. En une seconde j’avais consommé tout ce que j’avais comme énergie nerveuse !!! En plus j’avais la tête vide (fatigue intellectuelle)… »

2° Apprendre à détecter les signaux faibles de fatigue afin de s’en occuper immédiatement

Beaucoup trop de personnes fonctionnent en mode « Warrior, robot… », selon leurs expressions, enchaînent les activités et ne s’écoutent plus. Jusqu’au moment où…

Vous avez besoin de cafés, de remontants, de substituts à l’énergie ? Il est temps de vous arrêter et de vous dire que vous êtes fatigué et que vous avez besoin d’autre chose.

Le premier conseil soyez attentif à vous-même. Attentif à vos sensations. L’histoire est toujours la même, les personnes que je rencontre en consultation s’oublient littéralement jusqu’à ce que leur corps se rappelle à leur bon souvenir. Et rarement de manière anodine. Douleurs de dos, maux de têtes persistants, voire parfois des symptômes plus graves. Sans compter que la fatigue peut être source de problèmes au travail, à la maison, de santé.

Bref un élément à ne pas négliger.

Consultez votre météo fatigue 2-3 fois par jour.

Quelle est ma météo énergie ? :

  • Physique : comment je me sens, bien, fatigué(e) ?
  • Nerveuse : suis-je irritable, agacé, en colère, impatient, toutes ces manifestations qui montrent que mon énergie nerveuse doit se reconstituer.
  • Intellectuelle : perte de mémoire à répétition, blanc, oublis, erreurs grossières, difficultés à s’y mettre ?

Essayez de vous situer sur une échelle de 0 à 10.

  • Je suis « à plat » selon l’expression.
  • Je suis au mieux de mes capacités.

En dessous de 5 commencez les actions, afin de recharger les batteries selon une expression courante oh combien juste.


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3° Refuser le fatalisme et l’impuissance ; oui il y a des solutions

Immanquablement, dans les entretiens que j’ai sur ce sujet arrive le fameux moment

« J’en peux plus, mais je ne peux rien faire » « c’est comme ça ».

Inutile de demander à la personne de trouver des solutions à tous les problèmes exposés lors de l’entretien. C’est non il n’y a aucune solution. Généralement pour bien marquer cette impossibilité arrivent des phrases, dans l’excès et l’irréalisme le plus total du type :

« à part donner mes enfants à l’assistance publique, changer de boîte, gagner au loto et arrêter de travailler, avoir quelqu’un en permanence à la maison qui s’occupe des tâches ménagères,  supprimer mon chef de service… »

Donc vous êtes content(e) ? On ne fait rien et on laisse aller au bout du bout…

Posons-nous cette question :

« D’après vous quelles seraient les conséquences plausibles si on laissait les choses aller sans rien faire ? »

Listez-les :

  • Maladie grave
  • Erreurs à répétitions et sous performance professionnelle qui pourrait déboucher sur des conséquences pour l’environnement et son propre emploi
  • Accident de la route
  • Séparation du couple
  • etc…

Est-ce vraiment ce que vous souhaitez ?

Non bien évidemment.

Listez les 20% de causes qui provoquent 80% de vos fatigues et voyez ce qu’il est possible de faire pour diminuer leur impact.

Alors regardez autour de vous ce qu’il est possible et réaliste de faire :

  • Tâches ménagères, dégager un budget pour faire faire certaines choses ; partager les tâches au sein du couple
  • Surcharge professionnelle, pouvez-vous avoir de l’aide, demander à ce que l’on vous dégage de certaines missions ?
  • Temps de trajet usant, pouvez-vous vous rapprocher avec une mutation, un déménagement ?

Listez toutes les causes de fatigue tant nerveuses, que physiques ou intellectuelles et voyez comment vous pouvez diminuer leur intensité.

Le dialogue honnête et franc d’adulte à adulte avec son environnement tant personnel que professionnel est la solution à bien des soucis.

4° A chaque énergie ses moyens de refaire le plein

Physique

Une bonne fatigue physique due au sport ou à un travail manuel est quelque chose de sain. Dormir ou se reposer permettent de recharger ses batteries.

N’oubliez pas que la sédentarité ou un excès de fatigue psychique (nerveuse) entraînent une fatigue physique elle moins saine. Afin de récupérer dans ce cas il conviendra au contraire de s’astreindre, si votre métier prévoit des stations assises trop longues, de sortir régulièrement afin de marcher au grand air. Combien de cadres passent toutes leurs journées en milieu confiné, en position assise la plupart du temps.

Si vous ne faites pas de sport essayez de vous motiver afin de marcher au moins 30 minutes par jour.

Buvez un grand verre d’eau toutes les deux heures.

Soignez votre alimentation en évitant le trop gras, sucré, salé.

Privilégiez les produits de saison.

Une bonne hygiène de vie permet de diminuer la fatigue physique.

Fatigues nerveuse & intellectuelle

Déconnectez : trop de mail, de sms, de réseaux sociaux et en excès ne peuvent que produire une fatigue récurrente. Planifiez des plages horaires limitées plusieurs fois dans la journée afin de répondre à ces sollicitations.

Stop au perfectionnisme : Comme nous l’avons souligné dans un précédent article (voir ici) nous sommes souvent la cause de beaucoup de stress. Alors évitez d’être perfectionniste, sachez déléguez également. Notamment pour les femmes qui vivent sous le coup de plusieurs injonctions d’être de bonnes mères, épouses, collaboratrices. Autorisez-vous d’être comme vos collègues masculins, imparfaites et heureuses.

Programmez dans la journée 2 ou 3 poses détentes : allez voir vos collègues les plus drôles ou stimulant afin d’échanger. Riez. Amusez-vous.

Variez les activités : chaque fois que c’est possible, alternez la nature de vos activités professionnelles ou les lieux. Rien de plus mortel que la monotonie et de plus fatiguant pour notre cerveau et nos nerfs !

Arrêtez de culpabiliser : le rapport de Lundi matin ne pourra être rendu que Mardi sauf si vous travaillez le weekend end. Appelez votre boss qui vous a demandé ce travail urgent et mettez le devant l’alternative ; compte tenu du travail que cela demande tu pourras l’avoir ce Lundi matin mais il me faudra travailler tout le weekend. Dans 9 cas sur 10 l’extrême urgence trouvera des aménagements ou à défaut vous avez ouvert la voie à un repos compensateur !

Exprimez-vous et arrêtez de culpabiliser. Ce sentiment nous rend esclave des circonstances et plus acteur.

Il est de bon ton de partir tard du bureau. Autorisez-vous une à deux fois par semaine des fins de journées normales. Vous verrez, il ne se passera rien de grave.

Apprenez à respirer : au sens propre du terme. Yoga, méditation, sophrologie, il existe des techniques pour chacun afin de mieux maîtriser son environnement et apprendre à se recentrer, se préserver et ne pas prendre « en pleine » face tous les tracas de la vie quotidienne.

Évitez tout ce qui vous nuit à votre esprit : les conflits, les critiques, les mauvaises pensées, un état d’esprit négatif, la liste est sans fin. Au même titre que je suis persuadé que vous êtes convaincu que si vous faites entrer dans votre corps un air vicié ou de la nourriture de mauvaise qualité cela nuira à votre santé ; paradoxalement nous laissons entrer dans notre esprit et en sortir n’importe quoi. Soyez attentif à ce que vous faites entrer et à ce qui en sort.

N’attendez pas qu’il soit trop tard. La fatigue n’est pas une fatalité et doit être prise au sérieux.