Vivre avec une personne hypersensible

Citation Vivre avec une personne hypersensible : comment faire pour la comprendre, ne pas la blesser et être épanouis ?

Vivre avec une personne hypersensible : comment faire pour la comprendre, ne pas la blesser et être épanouis ?

Quand on est hypersensible, (neuro-) atypique, il y a un domaine dans lequel on aimerait très très très fort avoir une formation concrète : la relation de couple ! Vivre à 2, penser à 2, socialiser, s’amuser comme les autres, comprendre les convenances, ce qui est admis ou pas n’est absolument pas évidemment ni logique.  Que vous soyez avec des troubles dys, surdouées, zèbres, dans le spectre de l’autisme ou avec toute autre forme d’hypersensibilité, être en couple est loin d’être intuitif !

Mode d’emploi de la vie amoureuse entre un/une hypersensible et une personne qui ne l’est pas !

Ce sont majoritairement des femmes qui vont tomber dans les bras d’un mec sympa qui aime leur côté « pas comme les autres ». Nous ne parlerons pas ici des pervers narcissiques ni des couples entre personnes atypiques et hypersensibles, cela fera l’objet d’autres articles. Revenons au cas que j’accompagne le plus depuis plus de 20 ans et que j’ai vécu de l’intérieur moi-même : quand une fille hypersensible et atypique tombe amoureuse d’un mec qui ne l’est pas et concentrons-nous sur 3 points majeurs : la confiance en soi, la relation à l’autre et la façon d’aimer.

Parlons tout d’abord de la confiance en soi quand on est hypersensible.

Les filles, qui parmi vous est pleinement consciente de son charme, de ses atouts et de la belle personne qu’elle est ? Qui parmi sait recevoir le compliment « tu es belle » ou « je te trouve vraiment jolie » sans imaginer tout de suite que le mec en face veut atteindre son but d’entraînement à la reproduction ou le dit parce qu’il pense qu’on a besoin de l’entendre ?Qui parmi vous est totalement à l’aise avec son corps, avec l’image qu’elle renvoie, dans l’épanouissement de sa puissance féminine ? On est d’accord, pas beaucoup. Même moi j’ai encore des bugs de temps en temps. Ce qui a changé c’est que j’en suis consciente et je peux y remédier. Quand on est hypersensible, on ressent les émotions des autres, l’atmosphère qui se dégage des lieux. On sait voir la beauté en chaque chose ou être, sauf en nous. Nous avons besoin d’apprendre à nous regarder avec le coeur nous aussi. Comme nous ne savon pas bien le faire, nous déléguons aux yeux d’autrui, à son jugement, le pouvoir de nous déclarer belle, sympa, merveilleuse, formidable, intelligente, brillante… parce que notre côté les mots utilisés spontanément sont plus « ça passe », « j’ai rien d’exceptionnel », « je suis comme tout le monde », « je ne suis pas spécialement jolie », « on ne peut pas dire que je sois intelligente parce que là c’était facile pour moi », « non j’ai pas de talent c’est pas génial, c’est juste un brouillon », etc. Nous donnons à autrui le pouvoir de jouer avec notre confiance en nous et ceci est d’autant plus vrai en amour. Nous recherchons dans les yeux et les mots de notre chéri qu’il nous abreuvent de tout ce que l’on ne sait pas se dire à soi-même. Le drame arrive quand la relation vacille ou quand la routine s’installe et que les mots doux se font plus rares. Notre cerveau enregistre sans aucune difficulté tous les reproches, toutes les remarques déplaisantes, tout ce que nous prenons de travers et construisons comme vérité universelle – vous savez le moment où on interprète ce que l’autre dit ou ne dit pas en nous positionnant en mode victime- un peu comme si nous étions addicts. Addicts aux mots positifs que l’on nous offre, que l’on attend, que l’on réclame tant que l’on ne sait pas se les servir soi-même.

C’est une pression infernale pour l’autre. Savoir quand le dire, avec quelle intensité et toujours dans la sincérité. Nous avons non seulement un filtre à « mensonge » mais en prime quand nous doutons, nous devons parano. Nous pouvons être très dures voire cruelles pour mettre l’autre à l’épreuve et qu’il nous prouve ce qu’il avance. Oui, c’est un comportement toxique qui ne bénéficie à personne. Chaque mot doux se vide de sa substance et devient une habitude puis une obligation.

Alors que faire ?

Les filles, la base de la base de la base (et peut-être encore de la base) c’est d’apprendre à vous regarder vous aussi avec le coeur. C’est une démarche de développement personnel ultra bénéfique qui permet de ne plus être dans la dépendance affective et dans la confiance en soi par procuration. Ce n’est pas à l’autre de décider et de vous imposer si vous êtes géniale ou pas. C’est un cadeau qu’il vous fait en vous offrant sa vision de vous. Si cela vous paraît délicat, commencez par accepter chaque doux mot comme un cadeau et dîtes MERCI. Recevez-le comme quelque chose qui fait du bien dans le momet présent et stoppez votre automatisme infernal qui va détruire ce moment avec vos amis « doutes » et « suspicions ». Un pas après l’autre.

Les gars… bravo à vous de savoir déceler la magie et la beauté de votre chérie hypersensible et atypique. Vous êtes conscients que c’est une aventure pas banale qui vous attend pour laquelle vous n’avez pas les codes. Tout votre génie réside dans le fait d’être en équilibre dans une relation où l’autre ne fonctionne qu’en extrêmes. Savoir lui faire prendre consciente de ses up & down sans qu’elle le prenne mal ou n’est peur de vous perdre à chaque remarque qu’elle va juger négative (oui, elle prend tout perso et négativement…je sais…j’ai fait pareil…). Nous sombrons dans la culpabilité, il est tellement facile de nous manipuler dans ce domaine ! Je vous invite à la patience et à la tendresse. Vous avez besoin de parler la même langue. Elle imitera la vôtre pensant que c’est ainsi qu’elle sera aimée, que c’est sa fonction sociale. Permettez-lui de savoir ce qu’elle aime vraiment, ce qu’elle veut, ce qui lui fait du bien. Vous ne pouvez en aucun cas lui promettre un amour éternel ni d’être toujours là. Nous prenons les promesses et les moments romantiques pour des vérités absolues auxquelles nous nous raccrochons désespérément (relecture de messages, interprétations, visionnage intense de photos, etc.) Elle aura tendance à dire très souvent « comme toi » ou « comme tu veux » y compris dans les moments intimes. Offrez-lui la possibilité d’être elle. Elle en saura pas comment faire spontanément. Elle apprendra et votre bienveillance sera une aide précieuse. Attention, vous n’êtes ni son thérapeute ni son père 😉 Ok pour vous ? Les filles, vous comprenez ? Il est impératif de briser ce cercle de pression et de dépendance dans la relation amoureuse car il pourrit la relation. Votre confiance en vous vous appartient et c’est vous qui la rendrait solide. Et c’est totalement compatible avec notre hypersensibilité !

Voyons maintenant la relation à l’autre en tant qu’hypersensible.

Que ce soit en amour ou dans la vie de tous les jours, autrui est une source inépuisable d’émotions intenses. Nous oscillons entre des moments de joie (pour des petits riens selon la plupart des gens) et des moments de tristesse voire de dépression (pour vraiment pas grand chose selon encore la plupart des gens). Comme nous voyons le monde différemment, nous n’en percevons pas les mêmes informations. Nos codes sont plein de sensations et de ressentis. Nous pouvons nous extasier sur des détails (qui ont une grande importance pour nous) et nous sentir rejeter pour un regard, un mot un peu sec ou une absence de sourire. Et comme je l’évoquais plus haut, nous avons peur du jugement de l’autre. C’est un peu comme si nous étions persuadées d’être quelqu’un de mauvais, de nul, de moche, de stupide et qu’on fait illusion du mieux qu’on peut avec cette peur viscérale que quelqu’un perce à jour notre imposture. On en revient au regarde que nous avons sur nous…très très négatif.

Notre relation d’hypersensible aux autres est un peu comme celle d’un extra-terrestre qui viendrait avec tout l’amour de sa planète et / ou toute son intelligence et ses idées visionnaires à offrir en ayant peur de se faire exterminer, ne parlant pas la même langue et en ne comprenant pas que les autres ne comprennent pas. Alors oui, nous donnons à l’autre le pouvoir de nous dire que nous sommes géniales ou merdiques. Nous le croyons quand il dit que nous ne valons rien et nous doutons quand il dit que nous sommes au top. Notre relation aux autres reflète la relation que nous avons à nous-mêmes.

Il est primordial d’apprendre à connaître notre fonctionnement d’hypersensible et de le communiquer à notre chéri. Il aura beau être le meilleur mec du monde, il ne pourra pas deviner ce qui se joue dans notre tête, dans notre coeur et dans nos tripes. Parez à la découverte de ce qui fait que vous êtes unique. Voici quelques questions essentielles auxquelles répondre :

  • à quoi jouiez-vous quand vous étiez petite ?
  • qu’est-ce que vous aimez faire pour passer le temps ?
  • qu’est-ce qui vous fait sourire ?
  • qu’est-ce qui vous fait pleurer ?
  • à quoi êtes-vous sensible : lumière, bruit, foule, odeur, etc ?
  • quel type de soirée aimez-vous passer ?
  • quels sont les moyens que vous utiliser pour « fuir la réalité » ?
  • quels sont vos rêves ?
  • qu’est-ce qui vous fait perdre la notion du temps ?
  • qu’est-ce qui vous fait rire ?
  • qu’est-ce que vous trouvez beau ?
  • qu’est-ce qui vous angoisse ?

Trouvez les questions. Posez les mêmes à votre chéri et partagez vos réponses. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Vous n’aurez pas les mêmes réponses et c’est normal. C’est la beauté de la diversité. Acceptez chacun vos réalités et apprenez à les respecter. Ne vous forcez à rien par peur de perdre l’autre ! Nous sommes responsables à 50 % de notre relation à l’autre. Chacun 50%. Il y a un excellent livre qui explique ceci c’est la maîtrise de l’amour de Don Miguel Ruiz. C’est une découverte à vivre à deux et cela va renforcer votre complicité.

J’entends souvent la peur de certaines femmes hypersensibles qui pensent que leurs chéris n’aiment pas la bonne personne. Que la femme qu’elles sont avec eux n’est pas la vraie « elle » et qu’elles leur renvoient ce qu’elles pensent qu’ils ont envie d’aimer ( vous avez suivi ?). Il peut arriver que certaines d’entre nous jouent un rôle, le rôle qu’elles estiment vital pour être en couple « normalement » et être aimées. Ouvrir les yeux en répondant sincèrement aux questions ci-dessus peut amener à l’incompréhension de l’autre qui va découvrir qu’en fait vous n’aimez pas les soirées avec ses potes, ni aller chez sa mère et encore moins faire un jogging avec lui le dimanche à 6h du matin et qu’au font vous rêvez d’être officiellement végétarienne et de sauver les ours polaires. Des couples se font et se défont chaque jour. N’ayez pas peur de finir un chapitre de votre vie. C’est aussi une affirmation de soi et un magnifique respect de soi et de l’autre. La personne avec qui vous vous devez d’être bienveillante c’est VOUS avant tout pour pouvoir l’être avec les autres, sans soumission.

Enfin, c’est quoi aimer pour quelqu’un d’hypersensible et d’atypique ?

C’est bien souvent le début d’une incompréhension. Que veut dire aimer ? Quelle vie de couple nous voulons vraiment ? Vous verrez qu’elle n’est en rien commune à ce qui nous est servi dans les séries, les films ni ce que l’ont voit autour de nous.

C’est une question fondamentale que je vous invite là aussi à partager avec votre chéri. Et à vivre au plus profond de vous-même. Nous ne prenons que rarement le temps de nous poser cette question car la réponse est censée être commune et universellement admise par la société. or, je pense en toute franchise qu’il y a autant de façon d’aimer que de personnes sur Terre.

Les couples que j’accompagne ont a la fois peur de partager leur vision et nombreux sont ceux pour qui c’est une découverte de prendre conscience de ce à quoi ils aspirent « en vrai ». De nombreuses filles hypersensibles se nourrissent de l’image du prince charmant qui viendra les sauver d’elles-mêmes et avec qui tout ira bien…les filles, ça n’existe pas 😉 D’autres pensent qu’aimer c’est tout donner à l’autre en s’oubliant. Mauvais plan, le cerveau et le coeur n’acceptent pas et c’est le conflit interne assuré. Nous avons chacune et chacun une façon de fonctionner en amour et c’est hyper important de la reconnaître et de la partager. Il y a celles et ceux qui recherchent l’intensité absolue. Si ce n’est pas intense, pas passionnel, ça n’a pas d’intérêt. Ok, mais cela ne dure pas, en tout cas pas comme ça. Il y en a qui ont besoin d’espace. Chacun chez soi ou chambre à part, ou au moins des espaces privés dans leur maison ou appartement. J’avais rencontré une jeune femme « aspie » (TSA) qui m’expliquait que son couple avait été sauvé car elle avait son espace à elle dans l’appartement, comme un mini-studio, dans lequel elle s’enfermait pendant parfois plusieurs jours pour « se retrouver ». C’était son mari qui avait pour mission de l’en faire sortir si elle y restait plus de 3 jours. C’était leur compromis et il fonctionnait depuis des années. D’autres ont besoin d’être dans une relation libre. D’autres encore préfèrent compartimenter leur vie. La répartition des responsabilités domestiques et des tâches ménagères est également à mettre au clair. Certaines d’entre nous peuvent être ultra-maniques ou alors totalement bordéliques. Vivre à 2 c’est faire des compromis pour trouver son propre langage. Ce qu compte c’est de le partager, de savoir qu’elle est la réalité de l’autre, de la respecter et de voir comment on se rejoint, quel est le consensus. Il est aussi très important dans la façon d’aimer de spécifier ce que l’on attend de l’autre, notamment quand on a des « crises » de panique, d’angoisse, des coups de déprimes et des idées noires. Nous pouvons beaucoup pleurer et est-ce vraiment à notre chéri d’être celui qui va nous consoler tout le temps ? Envisage-t-il la relation de couple ainsi ? Il a tout à fait le droit de ne pas le souhaiter. Et nous devons l’entendre. Il n’est pas là pou nous sauver. Personne ne le fera. C’est le job personnel de chacun. Nous seules avons la clé en nous pour être heureuses. Cela fonctionne dans les deux sens les filles ! Aimer l’autre ce n’est ni le changer ni le sauver ! Beaucoup d’entre nous ont le « syndrome de l’infirmière » et se jettent à corps perdu dans une relation compliquée, tourmentée. Encore une fois, on ne sauve pas les gens ! Nous pouvons aussi voir le potentiel et la beauté intérieur de notre chéri…sans que dans les faits, ses actes et ses pensées soient arrivés à ce niveau-là. Nous ne le changerons pas. Nous ne sommes pas sont coachs. C’est à lui de faire le chemin s’il le souhaite. Idem les gars, ne coachez pas votre chérie.

Alors que faisons-nous si on ne sauve pas quelqu’un, si on ne le fait pas avancer, si on ne le booste pas, s’il n’est pas là pour nous donner ce que nous n’arrivons pas à nous donner ?

Et bien on aime et on construit. On ouvre son coeur sans peur et on accepte l’autre tel qu’il est. ET ON COMMUNIQUE ! Dire les choses, partager sereinement ses ressentis et ses émotions, être dans son authenticité et sa vulnérabilité, c’est se donner de l’amour à soi et à l’autre…et votre hypersensibilité sera rayonnante, un vrai don car vous saurez la vivre positivement !

Être hypersensible et heureux en amour, c’est possible ?

Pour conclure, je vous laisse sur une interview sur les hypersensibles et le bonheur en amour à laquelle j’ai participé avec Alexandre Cormont, le conseiller sentimental numéro de la francophonie.

Pour aller plus loin :

Claire Stride
Coach, Auteure et conférencière spécialisée avec les personnes hypersensibles et neuro-atypiques (troubles dys, haut potentiel, TDHA, syndrome d’Asperger, etc.)

P.S.: Retrouvez mon livre sur Amazon : Pleinement moi : hypersensible, différent et c’est cool !

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