L'impact du schéma parental en amour

Citation Comprendre l’impact du schéma parental sur nos relations amoureuses

Comprendre l’impact du schéma parental sur nos relations amoureuses

« Geoffrey, j’ai parfois l’impression que je cherche à recréer dans ma vie amoureuse, un schéma que j’ai connu étant enfant, bien que consciemment, je cherche à le fuir définitivement. C’est comme si j’étais inconsciemment attaché au schéma d’abandon et que par conséquent, je cherchais constamment à me faire abandonner dans ma relation » me dit F.

Fuir dans l’espoir de ne jamais être rattrapé par le passé.

Le fameux concept « fuis-moi, je te suis » principalement mis en valeur dans tout ce qui s’apparente à la relation amoureuse serait-il donc applicable dans d’autres domaines ?

En cherchant à fuir, n’attire-t-on pas finalement à soi ?

Chercher à vouloir s’opposer au modèle d’amour transmis par la figure maternelle et/ou paternelle est-il parfois l’un des combats dans lequel beaucoup d’entre nous s’engage à remporter au cours de cette vie-là ?

« Je ne désire pas ressembler à PAPA … à MAMAN … Il/Elle m’a tant fait souffrir dans sa manière de me transmettre son amour ». Cette phrase nous hante à tel point que l’on rejette toute similitude avec ce qui ressemble, de près ou de loin, à un comportement familier, sans pour autant prendre conscience qu’aujourd’hui, nous sommes cet être indépendant, libre de ces choix.

Certes, cet enfant intérieur sommeille toujours en nous et se manifeste de tant à autre, à travers l’expression de ses maux et blessures.

Certes, nous sommes composés de certaines parts léguées par nos parents.

… Mais nous oublions que notre être est aussi et surtout constitué de notre propre création, de ce que l’adulte de l’instant a décidé d’intégrer dans la définition du SOI.

La vie est faite ainsi. Nous héritons en partie du bagage ancestral de notre lignée. Notre sang en est teinté que nous le voulions ou non. Certaines choses ont semblent-elles été transmises en toute conscience tandis que d’autres sont davantage le fruit d’un phénomène à la fois inconscient et énergétique. Nous ne pouvons donc blâmer nos parents à 100% pour ce que nous appelons un « dysfonctionnement » ou encore une « erreur de parcours ». Ceci est la première leçon.

Dites-moi

Combien d’entre vous ont déjà pris peur lorsqu’ils se sont aperçus qu’il agissait avec ce côté jugé « sombre » et déjà présent chez l’un des deux parents ?

Soudainement, vous êtes pris par ce sentiment de dégoût envers vous-même, persuadé de ressembler à ce « tyran » qui a bercé votre enfance. En rejetant « l’autre », vous ne vous apercevez même plus que vous êtes en train de vous rejeter VOUS, par la même occasion. Pourtant, c’est bel et bien à travers VOUS que cette part soi-disant AUTRE continue à s’exprimer.

Si vous ne prenez pas conscience du fait que vous continuez à la faire vivre, vous allez penser, à tort, qu’il est impossible d’avoir le moindre impact sur ce conditionnement limitant.

De ce fait, il n’est donc pas impossible qu’un sentiment de culpabilité s’installe progressivement et laisse place à la dévalorisation : « je reproduis ce que je souhaite éviter, je suis donc quelqu’un de mauvais ».

À votre avis, comment va se construire votre estime de vous-même avec une telle conclusion ?

Comment pouvez-vous avancer en toute sérénité dans votre relation à vous-même, mais aussi avec autrui, en passant la majeure partie du temps à prôner l’évitement ?

En allant systématiquement à l’encontre de cette « noirceur », vous ne transformez rien ! 

Pire encore …

Vous risquez d’amener un impact négatif dans votre relation puisque vous n’accepterez jamais l’idée que votre conjoint(e) puisse vous voir comme vous-même avez vu votre père ou votre mère, autrefois. Cette simple pensée peut vous pousser à mettre un terme à votre histoire tant l’image qu’elle renvoie est insupportable.

D’ailleurs, en parlant du système de pensées, il me vient une idée que j’ai envie de partager avec vous. Avez-vous déjà remarqué que plus on combat une pensée, plus elle prend de l’ampleur à l’intérieur ? Plus on cherche à la fuir, plus elle se manifeste avec insistance ? Aller à l’encontre ne mène donc à rien si ce n’est à rendre plus fort

Déposez les armes une bonne fois pour toutes !

Acceptez cette globalité qui vous définit sans vous attarder sur ces parts d’ombre qui parcourent votre être. Elles font partie de votre vibration générale, mais ne doivent, sous aucun prétexte, empêcher la lumière de passer.

Prenez le temps de vous construire avec ce qui fait écho pour l’adulte d’aujourd’hui. Retournez voir cet enfant intérieur pour lui donner l’attention qu’il mérite. Il doit comprendre qu’il n’est plus seul et qu’à partir de maintenant, vous allez avancer ensemble.

Apprenez également à voir ces parts comme des petits bouts de votre histoire, des bouts qui ont certes pu vous faire souffrir, mais vous ont également construites en tant qu’individu.

À vous de voir si vous devez continuer à les rejeter au risque de les voir se manifester encore et encore dans vos relations futures ou accepter de les laisser vivre à l’intérieur sans pour autant vous laisser définir par elles ?

En prendre conscience est la première étape.

Travailler en profondeur sur ce conditionnement limitant est la seconde et probablement celle qui demande le plus de temps.

Cela me rappelle cette période d’adolescence durant laquelle, on cherche à définir sa propre identité.

Ayant souffert d’un manque de repère paternel, j’ai cherché à tout prix à « casser » cette image néfaste que j’avais du « père » afin de m’ouvrir à une identité qui me semblait davantage correspondre à la personne que je souhaitais devenir.

Je m’étais fait une promesse … Celle de ne pas reproduire les mêmes erreurs que mon père avait commises avec moi lorsque je deviendrai père, à mon tour. L’idée d’être CONTRE me paraissait justifiée, car je ne voulais, en aucun cas, que ma future épouse ainsi que mes futurs enfants peuvent subir le même sort que renvoie ce sentiment de désamour.

J’avais appris à conditionner mon esprit de sorte à ne voir que la partie visible de l’iceberg, soit celle qui me limitait dans mon apprentissage. Ainsi, je repoussais ces « pulsions » comportementales qui me poussaient à agir comme « lui » , ce qui devenait épuisant voir déprimant à la longue.

Jusqu’au jour où lasse de ce schéma qui ne cessait de créer de la souffrance à l’intérieur, j’ai décidé d’entrevoir la partie immergée de l’iceberg, soit cette « face » de mon père que je ne connaissais pas. Ce fut dur tant on s’est construit avec l’image qu’il n’y avait rien de bon en lui.

Mon premier réflexe fut de lui demander de m’écrire une lettre dans laquelle il m’expliquerait son enfance pour que je puisse comprendre à mon tour, le schéma auquel il avait été confronté.

À la réception de celle-ci, j’ai (enfin) choisi de pardonner . Non pas un pardon de façade, mais un pardon sincère qui, bien qu’il n’efface pas toutes les traces de blessures, les apaise considérablement. J’ai pu me rendre compte que son enfance n’avait pas été simple et qu’il fut difficile pour lui de tirer parti de ce vécu afin de créer de nouveaux enseignements en terme d’amour et de partage. Même si ce vécu n’excuse pas tout, il amène de la compassion ainsi qu’un brin de compréhension. Il n’avait pu devenir cet être d’amour au sens où je l’espérais, mais aujourd’hui, j’étais en mesure de l’accepter. Il n’avait tout simplement pas eu les clés pour exprimer son amour par le biais du câlin ou encore de l’étreinte et de ce fait, avait su faire de son mieux avec les seules ressources à sa disposition.

C’est précisément à partir de ce moment que j’ai pu accepter que certaines parties de lui fassent partie intégrante de moi. Je ne les ai plus considérés comme un frein à ma vie, mais comme un héritage dont je pouvais me servir pour apprécier la personne que j’étais. J’ai su les regarder avec humour et empathie et de ce fait, elles ne m’ont plus jamais envahies comme auparavant.

« Je ne suis pas LUI, je suis MOI, je grandis avec, mais je ne me construis pas AUTOUR ».

Avec bienveillance,

Geoffrey CUDIZIO

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