Retrouve ton enfant intérieur

Citation Quand l’enfant intérieur paraît

Quand l’enfant intérieur paraît

Si tu t’appliques à suivre le flow de l’écriture, tu te retrouveras de l’autre côté de la page, de l’autre côté de toi-même, sur le rivage qui est juste en face et sur lequel tu verras apparaître ton enfant intérieur.

Tu t’attendras peut-être à voir ton visage poupin, à retrouver la texture de tes cheveux à l’âge de cinq ans, ton sourire insouciant, ton regard qui n’est pas encore témoin des épreuves de ta vie. Ceci sera d’autant plus vrai si tu as pris le temps de regarder les photos de l’album de ton enfance et si tu as choisi la photographie qui te représente le plus.

Mais l’enfant intérieur peut paraître sous la forme d’une comptine, d’une devinette, d’une expression favorite qui te caractérisaient.

Sur la page de ton cahier, rassemble de mémoire les mots de cette formule magique que constituent toute chanson ou tout adage enfantins et qui te serviront de serment de fidélité envers l’ancien enfant que tu as été :

Croix de bois, croix de fer. Si je mens, je vais en enfer.

Ton enfant intérieur peut également te proposer :

  • Et si on jouait à ?

Dans ton cahier, fais alors la liste de tous les jeux possibles : la marelle, colin-maillard, la cachette, la balle en caoutchouc, la dînette, la ronde, l’école avec les arbres… Note les émotions qui étaient liées à ces jeux et qui provoquaient en toi des sensations inédites. Avais-tu le cœur qui battait fort quand tu entendais les pas de ton camarade approcher derrière le buisson qui craquait ?  Tes jambes flageolaient-elles tant tu avais couru derrière un rayon de soleil ? Revois-tu le sang de tes écorchures quand tu es tombé de ta bicyclette vif-argent ?

Je me souviens de jeux où l’on s’amusait à être :

  • Et si on s’amusait à être docteur, instituteur, maman, aventurier ?

Essaie de te rappeler de tous ces rôles et vois comment tu les as introjectés pour les incarner ensuite dans ta vie professionnelle, personnelle, familiale – si bien qu’ils définissent une partie de ton identité.

Autrefois, ton enfant intérieur avait l’habitude de se laisser guider par un adulte. Et si, aujourd’hui, les rôles s’inversaient ? Si c’était à ton tour de te laisser guider par ton enfant intérieur ?

Si tu n’es pas parti trop loin de la ville de ton enfance, tu peux te rendre avec lui dans les lieux qu’il fréquentait jadis : le parc, le muséum d’histoires naturelles, la bibliothèque municipale, la fête foraine… N’hésite pas à faire la liste des expériences qui se ravivent dans ta mémoire. Laisse ton enfant intérieur te parler de ce que tu avais trop longtemps oublié, happé par ta vie d’adulte sérieux :

  • Te souviens-tu du moment magique où j’ai décroché le pompon ? J’avais fait tant et tant de tours de manège… Te souviens-tu du bruit métallique du pompon qui se décroche, de ses douces franges sous mes doigts ? De la petite musique qui accompagnait ma joie ?

Il se peut que, dans tes souvenirs, un squelette du musée archéologique reprenne vie, un arbre pourtant déraciné déploie à nouveau ses feuilles rien que pour toi. Ceci peut constituer le bon point de départ d’un conte fantastique ou merveilleux.

J’avais l’habitude, quand je partais en promenade avec mon grand-père, de lui parler de mes rêves.

Je me souviens comme nous longions la Moselle, ma main dans la sienne. J’entends encore ma voix lui demander :

  • Où vont ces péniches ? Où vont ces bateaux ?

Puisque mon grand-père, peu bavard, ne me répondait pas, son silence me laissait tout imaginer.

Et c’est ainsi qu’au début de mon adolescence, ces anciennes promenades m’ont menée à bonne destination : celle de l’écriture d’un récit dans lequel une barque abandonnée rêve à la lisière de la terre et de l’eau et qui fut primé.

Écris toutes les histoires que ton enfant intérieur te raconte en balade, même si elles te semblent sans queue ni tête car viendra toujours le moment où le corps de ton récit prendra forme et te montrera sa tête.

En me souvenant, par exemple, comment j’ai confectionné une baguette magique à l’âge de six ans avec du papier aluminium bien brillant, j’ai compris plus tard combien mes désirs étaient importants et comment j’ai mis en place, à l’âge adulte, un substitut efficace à la baguette magique en vue de leur réalisation : le langage.

Il est des bavardages de ton enfant intérieur qui peuvent devenir de véritables thèmes d’écriture. Je te propose une liste de ces conversations :

  • la couleur de mon premier crayon
  • le chewing-gum dans ma bouche et qui éclatait sur mes lèvres quand je le gonflais comme un ballon de baudruche
  • un concours de bulles de savon
  • les coups de klaxon du camion du marchand de glaces
  • les doigts dans la terre
  • le dessin gâché
  • le dessin reconstitué avec ma gomme extraordinaire
  • la crème à la fraise qui dégouline sur les vêtements
  • l’odeur du cuir du cartable au mois de septembre
  • le bâton qui dérange le travail des fourmis

La liste n’est, bien sûr, pas exhaustive.

Et si tu as perdu le contact avec ton enfant intérieur au point qu’il marche silencieusement auprès de toi, je t’en prie, ne renonce pas. Ne le laisse pas tout seul et muet dans la maison de papier de ton cahier.

Relis les livres de ta jeunesse : ceux de la Bibliothèque verte, ceux écrits par la Comtesse de Ségur, Les Aventures de Tom Sawyer de Mark Twain ou encore Le Temps des secrets de Marcel Pagnol. En notant dans un carnet les passages qui ravivent ta propre enfance, tu pourras à nouveau tendre l’oreille pour écouter ce que l’enfant que tu fus veut te dire.

Tu peux même commencer un Recueil de Promenades avec ton enfant intérieur et qui te permettront d’initier, d’enrichir une autobiographie ou de constituer tout simplement un recueil de poèmes en vers ou en prose de qualité car les grandes œuvres naissent toujours de la spontanéité et de la sincérité envers soi-même.

Il existe une anthologie de conversations avec l’enfant intérieur, intitulé L’enfance, c’est… par 120 auteurs, avec des textes illustrés par Jack Koch et préfacés par Aurélie Valognes, édité dans Le Livre de poche.

Comme le dit Aurélie Valognes dans sa Préface : « L’enfance, ce n’est pas un âge, donc. C’est un état d’esprit. Un état d’espoir même. Et il suffit de peu pour le ranimer.« 

Qu’est-ce qu’une vie réussie ?

C’est une vie au cours de laquelle – selon moi – l’adulte aura paru et se sera reconnu dans le regard de l’enfant intérieur.

Le flow de l’écriture peut te guider vers cette reconnaissance.

Géraldine Andrée Muller
Écrivain privé-biographe familiale-psychobiographe

Pour retrouver tout mon travail, rendez-vous sur lencreaufildesjours.com

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