Les départs nécessaires et comment y survivre

Nous avons tous perdu des êtres chers. Parfois c’est la mort qui nous les enlève, plus ou moins brusquement. D’autres fois, c’est par une décision que se produit l’éloignement : une personne précieuse décide ou est obligée de nous quitter ou bien nous choisissons nous-mêmes de nous en éloigner. Que ce soit par la mort, un départ volontaire ou non, ou la rupture qui provoque la séparation, nos réactions profondes se ressemblent. Nous sommes privés d’un être auquel nous accordions une place privilégiée dans notre vie. Nous perdons une personne qui avait un pouvoir sur notre bonheur.

Certaines séparations sont si difficiles à accepter que nous sommes incapables de nous en remettre vraiment, même après plusieurs années. D’autres sont plus rapidement résolues et ne nous retiennent pas dans le passé ou arrivent comme un aboutissement, presqu’un soulagement. La séparation est prévue et attendue; elle vient mettre un terme à une situation qui n’était plus synonyme de complicité, à une relation qui ne répondait plus à nos attentes. Elle peut nous aider aussi à couper le cordon d’une dépendance affective, vis-à-vis de nos parents, de nos enfants ou d’un compagnon. Mais il est rare que ce soit aussi simple.

Les séparations sont nombreuses et inévitables au cours d’une vie. Elles sont même nécessaires lorsque deux personnes cheminent ou poursuivent leur route dans des directions opposées. Néanmoins, une séparation déclenche des émotions intenses et importantes. Vivre ces émotions complètement nous permet de passer à travers ces durs moments. Et cette façon de faire peut faire en sorte de vivre la séparation sainement, de ne pas s’éteindre avec celle-ci et d’être enfin soi-même. C’est ce que les deuils nous apprennent…

Deuil, pardon et détachement

J’aimerais vous offrir un extrait de mon livre « Deuil, pardon et détachement’ sur le thème du deuil, soit le récit d’un événement qui m’a ouvert les yeux face au premier deuil significatif de ma vie.

« Nous avançons sur le chemin de la vie en même temps que les saisons, dans le mouvement des cycles. Des personnes se présentent sur notre route par une porte qui est ouverte, habituellement pour combler un espace en nous devenu libre, un besoin que nous avons manifesté. Elles nous assistent à travers une épreuve, pour offrir aide et support, pour nous aider physiquement, émotionnellement ou spirituellement. Elles peuvent être là pour partager, pour nous faire grandir. Elles nous amènent une expérience de paix ou nous font prendre plaisir à la vie. Elles pourraient nous montrer quelque chose que nous n’avons jamais expérimenté.  Ces personnes sont là pour les raisons pour lesquelles nous voulons qu’elles y soient consciemment ou inconsciemment et même pour les raisons que nous ne connaissons pas.

Mais un jour, il arrive que la porte se referme. Quelquefois, la personne meurt. Parfois, elle quitte les siens pour un ailleurs. En certaines occasions, elle agira de façon à nous positionner. Nous devons réaliser à ce moment-là que notre besoin a été comblé, notre désir est réalisé. Son travail est donc terminé, car ce qu’elle avait à nous apporter est accompli. La vie est comme un livre; il faut tourner les pages pour avancer et parfois se résoudre à finir un chapitre que l’on a aimé.

Le 22 juillet 1995, je perdais mon frère Sébastien alors âgé de 25 ans. Il est décédé subitement d’un infarctus. Un choc, vous en conviendrez! Mon premier deuil significatif. Sébastien était un tendre, une belle âme remplie de sagesse qui est passée dans ma vie. Sa mission parmi nous était terminée. C’est grâce à lui que j’ai commencé à m’intéresser au pouvoir de l’intention, à la loi d’attraction. Il avait lu un livre de Joseph Murphy à l’époque et il me l’avait prêté pour que je le lise aussi. Il a semé des graines autour de lui avant de nous quitter. Pendant sa courte vie, il a réalisé beaucoup de rêves.

Sébastien a également été mis sur notre route, ma famille et moi, pour éveiller certains, pour accompagner d’autres, pour supporter plusieurs. Mais pour toutes ces personnes, il a laissé un doux souvenir impérissable. Il était un être sensible, malgré son physique imposant. Oui, un cœur tendre rempli de sagesse. Je t’aime Sébastien. Merci d’être passé dans ma vie. »

« Nous voulons tous que les choses restent les mêmes. Se résoudre à rester malheureux par peur du changement, par peur que les choses tombent en ruine… La ruine est un cadeau, la ruine est la voie vers la transformation. Nous devons toujours être prêts à des vagues de transformation sans fin… »
Film « Mange, prie, aime »

Comment vivre nos deuils

Beaucoup d’oreilles pour nous écouter

Exprimer tout ce que nous ressentons et vivons à des personnes capables de nous écouter est primordial. Nous pensons souvent que toutes les émotions que nous avons à évacuer n’auront pas de fin. C’est pour cette raison qu’il est important d’avoir un réseau de personnes précieuses, disponibles à nous écouter. Un réseau? Oui, car, quand nos émotions deviennent un déluge, cela peut être épuisant pour une seule personne.

Planifier des douces’heures tous les jours

Lire un récit ou autre de votre auteur préféré et le garder toujours à portée de la main, prendre un bain avec votre huile ou bain moussant préférés, faire une longue marche en solitude ou avec une personne qui a de bonnes oreilles avec qui vous vous sentez vraiment bien, cuisiner votre mets préféré, vous faire donner un massage. N’hésitez surtout pas à rallonger cette liste. Planifiez des activités ou des moments agréables tous les jours et plusieurs fois par jour si vous le pouvez pour qu’à votre réveil le matin vous ayez hâte de vivre ces moments plaisants. Ce peut être aussi un rendez-vous téléphonique avec une amie, une heure de solitude à écouter le CD de votre chanteur préféré, colorer un mandala pour essayer vos nouveaux crayons et laisser votre enfant intérieur s’amuser, deux heures de ménage (par le fait même le ménage à l’intérieur de vous se fait) en écoutant un livre audio (ex. : ceux de Sonia Choquette et de Louise L. Haye sont géniaux pour se recentrer).

Prenez le temps de déterminer vos besoins au quotidien. Lors de journées plus joyeuses, cuisinez vos mets préférés en plus grande quantité et mettez des portions au congélateur pour les journées plus sombres où il est normal de ne pas avoir le goût de cuisiner ou de manger ; ces petites douceurs seront les bienvenues.

Vous devez également, pendant quelques semaines, vous en tenir à l’essentiel, ne pas surcharger vos journées. Adoptez la légèreté et la douceur pour prendre soin de vous tout simplement et accueillir les émotions qui surviennent à l’improviste bien souvent.

Le sommeil

Quoi de mieux qu’une nuit d’un sommeil profond et récupérateur pour passer une belle journée? Mais en période de deuil, ce n’est pas toujours évident. Il est très désagréable de se réveiller à 2 heures du matin et d’essayer de se rendormir, mais c’est à ce moment que le « petit hamster » court dans sa roulette et pas question de retrouver le sommeil. Les idées noires s’en mêlent et c’est l’escalade. La nuit est propice à ces émotions négatives. Que le lever sera pénible et la journée longue et ardue. Il est très important de prendre les moyens nécessaires pour passer de bonnes nuits. Dans ma malchance d’être célibataire, il y a la chance de vivre et de dormir toute seule (dans ce cas, pourquoi ne pas voir le côté positif?). J’ai établi ma routine au quotidien. Je me couche très tôt pour être certaine d’avoir 7 à 8 heures de sommeil tous les jours même si je me réveille la nuit. Aussi, j’ai essayé plusieurs produits pour favoriser la détente et un meilleur sommeil. Le complexe B et la mélatonine sont efficaces pour moi et m’apportent une qualité de sommeil qui me convient. Ce qui est très aidant également sont les respirations (cohérence cardiaque) et des petites phrases de méditation. Les journées sont plus agréables depuis que le sommeil est meilleur. Selon vos croyances holistiques ou médicales, il est important, selon moi, d’être conseillé et outillé afin d’avoir un sommeil adéquat lors de cette période qui souvent perturbe notre système nerveux. Au fil des semaines et des mois, vous apprendrez à diminuer la médication et vous constaterez que le sommeil est récupérateur même sans « béquille ».

Grandir  (aimer, perdre et grandir) de Jean Monbourquette – votre livre de chevet

Ce livre qui s’est vendu à plus de 1 000 000 d’exemplaires et traduit dans plusieurs langues est un incontournable. Il s’adresse à celles et ceux qui vivent une perte, quelles qu’elles soient. Il m’a été offert en 1995 par ma supérieure dans le cadre de mon travail, lors du décès de mon frère. Une très belle attention qui me suit encore aujourd’hui et pour longtemps. Faites-vous ce cadeau et n’hésitez pas à l’ouvrir quand vous en ressentez le besoin pour y lire un passage, pour lire et relire ceux qui vous font du bien. Vous pouvez le lire d’une « traite », à votre guise…Ça se lit comme un conte avec des illustrations. Ces textes vous permettront de constater que votre cheminement est normal. Ils vous donneront le goût d’aller plus loin ou de revisiter des émotions passées pour mieux accueillir l’étape suivante.

Lâcher prise

Nous entendons souvent ces mots! « Lâchez prise et vous vous sentirez mieux.» Facile à dire, mais pas toujours évident à appliquer. Lâcher prise, ce n’est pas laisser tomber, se résigner, abandonner. Lâcher prise, c’est accepter les choses, même si ce n’est pas notre préférence, même si nous ne comprenons pas ou que nous ne sommes pas d’accord avec ce qui se passe. Lâcher prise, c’est continuer à poser les actions pour aller vers ce que nous voulons, en lâchant prise sur le résultat. Souvent les gens qui réussissent de grands exploits sont ceux qui agissent comme s’ils n’avaient rien à perdre. Aussi, plus nous résistons à une situation, plus nous lui donnons notre énergie. Résister à quelque chose que nous ne voulons pas, c’est diriger notre attention sur cette même chose que nous ne voulons pas. Lâcher prise peut faire place à la solution qui nous permettra de nous libérer d’un stress. Mieux vaut lâcher prise sur ce qui nous stresse et diriger notre attention sur ce que nous voulons être, faire et avoir. Lâcher prise est une autre façon de se libérer. Parfois ce n’est pas la personne elle-même qui nous manque. C’est plutôt les sentiments que nous avions lorsque nous étions avec elle.

 

Tiré de : « Deuil, pardon et détachement« , récit autobiographique, Marie-Josée St-Pierre, Édition La Plume d’Oie, 2015

 

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