La tendance à courber le dos

Citation J’ai cessé de courber le dos

J’ai cessé de courber le dos

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours entendu ma maman me dire « tiens-toi droite !».

C’est étonnant, je n’avais pas repensé à cela depuis des années… et aujourd’hui, en faisant ma danse libre (je danse toute seule – cela me permets de libérer et renouveler mes énergies), je me suis rendu compte, que toutes les parties de mon corps bougeaient dans toute l’ampleur et la souplesse que me permet mon corps, sauf dans la zone des épaules – le haut de la poitrine et du dos.

J’ai alors porté mon attention à libérer cette partie du corps, à la faire bouger de plus en plus, dans toutes les directions, à mettre de plus en plus d’ampleur dans le mouvement. Ce n’était pas si facile que ça, et ça m’a étonné. Et cette phrase a subitement résonné dans ma tête – « tiens-toi droite ! » – comme si cette phrase avait été figée, avait figé mes épaules et le haut de mon corps depuis mon enfance.

C’est vrai que j’ai toujours eu tendance à courber le dos, à rentrer les épaules, depuis que je suis petite – et ce, malgré les nombreuses années de danse classique, qui était supposées me « redresser ».

Et ces mots entre guillemets attirent maintenant mon attention.

Qu’est-ce qui me faisait courber le dos ? Quel poids avais-je sur mes épaules ? Pourquoi aurais-je eu besoin d’être « redressée » … ou dressée peut-être ?

Est-ce que j’aurais courbé le dos en réaction au fait qu’on voulait m’imposer des choses ? Était-ce par coutume éducative ou bien parce que j’étais sauvage ?

C’est étonnant, ce mot « sauvage » est également un mot qui résonne en moi. Oui, ma mère m’a aussi souvent dit que j’étais sauvage, dans mes relations avec les autres par exemple. Il est vrai que je laissais parler mon instinct, que je « ressentais » les gens avec lesquels j’étais en interaction, et que j’avais parfois des réactions non acceptables selon les conventions.

Mais enfin pourquoi a-t-on décidé, a-t-on essayé de m’imposer des choses de force ?… et non de m’apprivoiser ? Quelle est la nuance entre ces deux notions ?

Dans dresser, imposer de force, il y a davantage d’agressivité, de rigidité et de soumission.
Dans apprivoiser, il y a davantage de considération, de douceur et de liberté relative – même si c’est à l’intérieur d’un cadre de règles.

Lorsque l’on dresse un animal plutôt qu’on l’apprivoise, il y a peut-être sous-entendu qu’on le craint quelque peu, ou bien que l’on veut l’utiliser dans un but précis, ou encore que l’on veut en recevoir une fierté personnelle, ou une validation aux yeux du monde extérieur.

Il y a à l’intérieur une notion d’appartenance, de dépendance, de résistance, de soumission, de passage en force, et d’autorité. Il y a une image d’un combat, d’une opposition, d’un éloignement.

Il est vrai que dans notre éducation, nous avons plutôt eu tendance à être dans ce premier cas. On nous a demandé et on nous a appris à être fort, à tenir… là où il aurait mieux valu nous encourager et nous donner les moyens d’y parvenir – sans combat, sans effort.

On a cru nous enseigner ainsi la ténacité et la résilience, là où il n’y avait que résistance et opposition – ces dernières notions ne nous permettant pas de progresser, ne nous apprenant pas à recevoir ce que nous souhaiterions recevoir… Car il y a sous-entendu dans cette approche – le fait de repousser, refuser, se séparer de ce que nous visons… Et même si nous y accédons, grâce à nos efforts par exemple, nous avons tendance à ne pas en profiter pleinement… et d’autre fois même, nous abandonnons avant.

Il y a par ailleurs certaines choses ou certaines personnes que l’on ne veut pas perdre. Nous essayons parfois de les tenir, retenir, de nous y accrocher. Tout cela prend tant d’énergie, que finalement toutes ces actions de tenir, obtenir ou retenir de force… nous vident au lieu de nous remplir… et nous finissons par courber le dos là où nous aurions souhaité pouvoir nous tenir droit, et avec fierté.

Lorsqu’on apprivoise au contraire, il y a de l’amour, de l’acceptation, de la reconnaissance, de la tolérance, de la considération, de la curiosité… Il y a une image d’accompagnement, de flexibilité, d’adaptabilité, de rapprochement. Finalement, on donne davantage que ce que l’on demande… et il reste une place pour s’exprimer, de part et d’autre – une place qu’il n’y a pas dans le « dressage ».

Et si parfois, on ne parvient pas à apprivoiser… alors il faut savoir lâcher, se détacher, et libérer… plutôt que d’essayer un passage en force… car cela veut simplement dire, qu’en face, il y a de la résistance et de la non-acceptation, ou tout simplement que ce n’est pas le bon moment…

Aujourd’hui, après avoir plié et courbé le dos pendant longtemps, face à des passages en force, je m’emploie à libérer toute forme de « dressage » dans ma vie. Et si je me tiens plus droite, c’est plutôt dû au fait que je suis en chemin pour m’apprivoiser moi-même… vers l’acceptation de soi, l’amour de soi, la valorisation de soi, l’expression de soi, la (re)construction de soi, l’invention de soi…

Et vous dans quelle nuance êtes-vous avec les autres… et avec vous-même ?

Estelle Morioussef

Thérapeute en développement personnel
Kinésiologue et Maitre-Praticien en PNL

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